Une vie plus intéressante

Ceci n’est pas vraiment un article. Il s’agit de moi, mon romantisme et ma curiosité qui partageons quelques brides de réflexions. Je vous prie de ne pas porter plus d’attention qu’il n’en faut à ce texte, s’il vous plaît. Pour preuve, je ne pense pas le relire avant quelques jours donc il sera probablement rempli de fautes. Pas que mes textes ne le sont pas généralement, mais celui-là le sera particulièrement. Ne soyez donc pas surpris.

Aujourd’hui, j’ai passé une très belle journée. J’étais entouré de personnes très intelligentes, humbles et bienvaillantes. J’ai pu écouter des conversations instructives, rire avec des gens que j’apprécie et discuter de sujets qui me passionnent. Je suis rentrée à la maison avec plus d’énergie que j’en avais en sortant. C’est un signe révélateur.

J’aime bien apprendre de nouvelles choses, ce qui à parfois tendance à donner l’impression que je vais dans toutes les directions. Ce n’est ni faux ni vrai. Le fait est que je me laisse porter par ma curiosité, et aussi étrange que cela soit, après trois ans que je procède ainsi, ces différents points commencent à créer une ligne qui fait du sens.

Ne parlons pas de mes points ni de ma ligne de vie. Je veux parler de ces milliers de sujets qui rendent la vie si intéressante.

Cela fait maintenant 14 mois que je me suis inspirée de Mark Zuckenbrg et de sa résolution du nouvel an.

“Every year, I take on a personal challenge to learn new things and grow outside my work at Facebook” – Zuckerberg 

L’année dernière, j’ai appris une chose. Et cette année, je compte apprendre deux nouvelles choses différentes.

Mais il y a tellement de choses intéressantes que j’aimerais apprendre. La vie est en soi si curieuse. Le soleil se lève à l’est, il existe des milliards de galaxies, le son du silence, la poésie des mots, le mystère du cerveau humain, la beauté des relations humaines, le cycle de vie des roches, comment fonctionne le cloud, l’élégance de la nature, la force créatrice de la pensée.

Tant de choses que j’aimerais savoir et un temps limité pour les découvrir.

J’aurai bientôt 25 ans, et si je considère que je vais vivre plus ou moins jusqu’à 100 ans, cela me laisse 75 ans, donc 75 sujets différents minimun à pleinement découvrir *.

Voici donc une liste non exhaustive des compétences que j’aimerais apprendre. Puisse le Seigneur m’accorder la santé et le temps nécessaire pour en parcourir la moitié. Sans ordre quelconque:

  • Savoir très bien coder (très bien, signifie être capable de pouvoir librement créer les sites web que je veux pour mes sympathiques idées)
  • Comprendre les différentes étapes de réalisation d’un film
  • Savoir peintre
  • Savoir faire de très bon massage
  • Faire pousser des fleurs, fruits et légumes dans mon jardin
  • Faire de la poterie
  • Être athlétique; j’aimerais savoir courir vite.
  • Être toujours ordonné
  • Réussir à avoir l’air pleine d’énergie même quand je suis très fatigué
  • Comprendre les concepts de bases de la philosophie
  • Comprendre les concepts de bases de la sociologie
  • Aller sur un site archéologique et détérrer des secrets
  • Écrire de la belle poésie qui fait réagir les coeurs
  • Ouvrir une bibliothèque (ou plutôt une librairie) avec des fauteuils dans un endroit très très paisible et chaleureux
  • Faire de la gymnastique
  • Écrire (?)
  • Savoir très bien me maquiller. Comme une professionnelle.
  • Avoir des connaissances solides en musique instrumentale (améliorer mon piano, et j’aimerais bien jouer un instrument à cordes comme la kora)
  • Pratiquer un sport extrême
  • Faire de la boxe thailandaise (et cette fois réussir à faire mal à quelqu’un -_-)
  • Avoir des connaissances solides en biologie
  • Parler anglais comme si j’étais née à Brigminghan Palace
  • Réussir à construire un assistant vocal ou une imprimante 3D
  • Faire de la menuiserie : réussir à faire une table en bois
  • …. (à compléter)

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*Si pour une raison quelconque, j’étais amené à disparaître de cette terre de manière précoce, je vous prie de ne pas vous sentir mal pour moi à la lecture de ce texte. S’il vous plaît, ne le soyez pas. Je profite de ma vie de la plus belle des manières, et cela continuera jusqu’à mon dernier souffle. Cela ne veux pas dire que parfois je n’ai pas envie de m’échapper de ce monde, de m’enfouir loin de tout. Ça arrive, parfois plus souvent qu’à d’autres moment. La vie ça craint, souvent. Mais je sais pas, sentir le soleil sur sa peau et observer le bleu du ciel en début d’après-midi, ça contre balance bien aussi. Si je ne suis plus, dites-vous juste que j’étais là, j’ai profité tant que je pouvais des richesses de ce monde dans le temps qu’il m’a été donné et que je souhaite aux vivants de pouvoir en faire de même. Have fun.

Un petit cadeau de ma part, pour vous.

Agir à la hauteur de nos principes

” Souviens toi d’une chose. C’est bon d’avoir des principes, mais quand nos actions ne sont pas à la hauteur de nos paroles, on la boucle ” -Garami, The arms Peddler


Je suis en train d’achever ma lecture de Becoming Michelle Obama. Si j’écris ce court texte, c’est parce que l’un des passages m’a interpellé et je veux crystalliser ma réfléxion.

Tout le monde connaît Nelson Mandela, n’est-ce pas ? L’un des hommes africains qui a eu le plus d’impact au niveau social et politique de ces 50 dernières années ? Madiba, comme j’aime l’appeler, est-ce personnage un peu légendaire, qui grâce à une force peu commune a décidé d’aller en prison pour ses principes. Madiba a sacrifié 27 ans de sa vie, il n’a pas vu ces enfants, les enfants de ces enfants, et ces amis grandir et mourir. Pour la simple et unique raison qu’il croyait en un futur meilleur pour sa nation. Gars, c’est long 27 ans. C’est plus long que mon temps de séjour sur terre. Il y a 27 ans mon grand-frère venait de naitre. Vous pourriez me dire que je suis en train d’exagérer, il existe de nombreux prisonniers politiques et que Madiba n’est pas différent d’eux. Vous avez peut-être raison. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle Madiba est Madiba.

Lorsqu’il est sorti de ces 27 années de prison, il a décidé, pour le bien de son pays, de ne pas se venger envers ses opposants. Après plusieurs années de travail forcé, après avoir été humilié et subit la perte de nombreux proches, ses objectifs sont restés les mêmes. Mettre fin à la ségrégation et réunifier la nation arc-en-ciel. C’est ce qu’il a fait. Je ne dis pas que tous ces choix ont été justes, et qu’il est parfait. Je pointe juste les faits : il a mené un combat pour l’indépendance et la fin de la ségrégation en Afrique du sud, son combat l’a mené à faire 27 ans de prison, en sortant de prison il est devenu président et ne ce n’est pas vengé.

Mais même, tous ça n’explique pas pourquoi Madiba est Madiba.

J’avais lu il y a quelques années conversation avec moi-même, un recueil des lettres et discours de Mandela. Dans l’une de ces lettres, Madiba racontait comment plusieurs membres du gouvernement lui rendaient fréquemment visite. On lui proposait des deals. Si il renonçait à son combat, le gouvernement en place acceptait de le libérer et lui donnerait une place dans son ministère; tout ce qu’on lui demandait c’était de faire quelques compromis sur ses principes. Il ne l’a pas fait.

Madiba est madiba parce qu’il n’a jamais abandonné. C’est le principe de tout bon shonen. Tu as un héros qui se lance dans une quête incroyablement difficile, rassemble autour de lui une équipe loyale, et qui malgré toutes les difficultés ne laisse jamais tomber ces principes jusqu’à réussir. Madiba me fait vite fait penser à Naruto qui une fois devenu Hokage n’a pas puni les méchants, mais a décidé pour le bien de Konoha de pardonner les traîtres. Yep, I said it. C’est la formule classique.

Mandela nous a montré que le changement prend du temps, pas deux ans, pas cinq ans ou même une vie. Il était prêt à mourir pour ces principes, confiant que même s’il n’était plus là d’autres personnes étaient prêtes à continuer son combat. Le sommes-nous ?

Beaucoup de jeunes adultes de mon age demandent du changement. Nous travaillons chacun dans nos industries respectives dans ce sens. Mais comment allons-nous réagir si demain on nous propose de détourner les yeux face à une injustice pour un montant élevé ? Si pour avoir ce contrat qui nous permettrait de vraiment impacter positivement la vie de milliers de personnes nous devons payer sur le coté un politicien véreux ? Est-ce que la fin justifie les moyens pour vous ?

Je me demande parfois si nous arriverons à être meilleurs que nos aînés. Je l’espère. Et si jamais nous commençons à nous égarer, car l’homme est homme et l’erreur est humaine, j’espère que nous pourrons compter les uns sur les autres pour nous tenir responsables face à nos manques de paroles.

Pour revenir à ma citation de début d’article, je préfère les gens qui la boucle. Les grands parleurs ont tendances à vite m’agacer.

Photo by John-Paul Henry on Unsplash

Qu’est-ce qu’une start-up ?

Je souhaite profiter de ce début d’année pour revenir aux principes fondamentaux qui définissent une start-up. J’ai ressorti mes vieux classiques de ma bibliothéque et aux cours des prochaines semaines je tâcherai d’expliquer ces principes et, si possible, de les accompagner de travaux pratiques.

Commençons donc par quelques définitions afin de nous assurer que l’on parte du même pied.

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Une start-up est une organisation formée dans le but de rechercher un modèle d’affaire. Ce modèle doit répondre à deux règles :

  • Être reproductible/industriable
  • Être scalable, c’est à dire permettre une croissance exponentielle

L’aspect le plus important d’une start-up est sa croissance. Une startup est une entreprise conçue pour se développer rapidement. Être nouvellement fondé ne fait pas en soi d’une entreprise une start-up. Il n’est pas non plus nécessaire pour une start-up de travailler dans les technologies, de prendre un financement à risque, ou d’avoir une sorte de “sortie” (c’est à dire être racheté au prix fort ou entré en bourse, on dit alors que la start-up fait une IPO ou être racheté au prix fort).

La seule chose essentielle est la croissance.

Pour mieux comprendre ces deux concepts, j’ai créé un petit jeu que je nomme “start-up ou pas start-up”:


Merci à Thierri, Roxane et Maria pour avoir relu mes brouillons.

Lettre de Amadou Hampâté Ba à la jeunesse

Monsieur Hampâté Ba est l’un de mes auteurs préférés. Tant par la sagesse de ses mots, la grâce de sa plume, la noblesse des causes qu’il a défendues ou encore l’humilité de l’homme que l’on ressent dans ses textes.

À la fois poète, ethnologue, conteur et ambassadeur, ce « diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs » a toujours mis un point d’honneur à dialoguer avec les jeunes du continent [1].

Je tenais donc à partager avec vous cette lettre écrite par celui que l’on appelle le sage de Bandiagara et que je me plais à considérer comme mon maître. La lettre est aussi pertinente aujourd’hui que lors de sa première apparition en 1985.

Mes chers cadets,

Celui qui vous parle est l’un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l’imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s’est voulu un éternel chercheur, un éternel élève, et aujourd’hui encore sa soif d’apprendre est aussi vive qu’aux premiers jours.

Il a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine pour se découvrir et bien se connaître, afin de pouvoir ensuite se reconnaître en son prochain et l’aimer en conséquence. Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant.

Après cette quête difficile, il entreprit de nombreux voyages à travers le monde : Afrique, Proche-Orient, Europe, Amérique. En élève sans complexes ni préjugés, il sollicita l’enseignement de tous les maîtres et de tous les sages qu’il lui fut donné de rencontrer. Il se mit docilement à leur écoute. Il enregistra fidèlement leurs dires et analysa objectivement leurs leçons, afin de bien comprendre les différents aspects de leurs cultures et, par là même, les raisons de leur comportement. Bref, il s’efforça toujours de comprendre les hommes, car le grand problème de la vie, c’est la MUTUELLE COMPRÉHENSION.

Certes, qu’il s’agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns des autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c’est cela qu’il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l’autre et dialoguer avec lui. Alors nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentarité et source d’enrichissement mutuel. De même que la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme où tous les hommes, calqués sur un même modèle, penseraient et vivraient de la même façon ! N’ayant plus rien à découvrir chez les autres, comment s’enrichirait-on soi-même ?

À notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identité de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre est toujours plus enrichissante, même pour l’épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d’Afrique disait : il y a « ma » vérité et « ta » vérité, qui ne se rencontreront jamais. « LA » Vérité se trouve au milieu. Pour s’en approcher, chacun doit se dégager un peu de « sa » vérité pour faire un pas vers l’autre…

Jeunes gens, derniers-nés du vingtième siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l’humanité et passionnante par les possibilités qu’elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du vingt et unième siècle connaîtra une fantastique rencontre de races et d’idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers. Dans ce monde moderne, personne ne peut plus se réfugier dans sa tour d’ivoire. Tous les États, qu’ils soient forts ou faibles, riches ou pauvres, sont désormais interdépendants, ne serait-ce que sur le plan économique ou face aux dangers d’une guerre internationale. Qu’ils le veuillent ou non, les hommes sont embarqués sur un même radeau : qu’un ouragan se lève, et tout le monde sera menacé à la fois. Ne vaut-il pas mieux essayer de se comprendre et de s’entraider mutuellement avant qu’il ne soit trop tard ?

L’interdépendance même des États impose une complémentarité indispensable des hommes et des cultures. De nos jours, l’humanité est comme une grande usine où l’on travaille à la chaîne : chaque pièce, petite ou grande, a un rôle défini à jouer qui peut conditionner la bonne marche de toute l’usine.

Actuellement, en règle générale, les blocs d’intérêt s’affrontent et se déchirent. Il vous appartiendra peut-être, ô jeunes gens, de faire émerger peu à peu un nouvel état d’esprit, davantage orienté vers la complémentarité et la solidarité, tant individuelle qu’internationale. Ce sera la condition de la paix, sans laquelle il ne saurait y avoir de développement.

La civilisation traditionnelle (je parle surtout de l’Afrique de la savane au sud du Sahara, que je connais plus particulièrement) était avant tout une civilisation de responsabilité et de solidarité à tous les niveaux. En aucun cas un homme, quel qu’il soit, n’était isolé. Jamais on n’aurait laissé une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la société, comme une pièce détachée. On lui trouvait toujours une place au sein de la grande famille africaine, où même l’étranger de passage trouvait gîte et nourriture. L’esprit communautaire et le sens du partage présidaient à tous les rapports humains. Le plat de riz, si modeste fût-il, était ouvert à tous.

L’homme s’identifiait à sa parole, qui était sacrée. Le plus souvent, les conflits se réglaient pacifiquement grâce à la « palabre » : « Se réunir pour discuter, dit l’adage, c’est mettre tout le monde à l’aise et éviter la discorde ». Les vieux, arbitres respectés, veillaient au maintien de la paix dans le village. « Paix ! », « La paix seulement ! », sont les formules-clé de toutes les salutations rituelles africaines. L’un des grands objectifs des initiations et des religions traditionnelles était l’acquisition, par chaque individu, d’une totale maîtrise de soi et d’une paix intérieure sans laquelle il ne saurait y avoir de paix extérieure. C’est dans la paix et dans la paix seulement que l’homme peut construire et développer la société, alors que la guerre ruine en quelques jours ce que l’on a mis des siècles à bâtir !

L’homme était également considéré comme responsable de l’équilibre du monde naturel environnant. Il lui était interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n’était pas sa propriété, mais un dépôt sacré confié par le Créateur et dont il n’était que le gérant. Voilà une notion qui prend aujourd’hui toute sa signification si l’on songe à la légèreté avec laquelle les hommes de notre temps épuisent les richesses de la planète et détruisent ses équilibres naturels.

Certes, comme toute société humaine, la société africaine avait aussi ses tares, ses excès et ses faiblesses. C’est à vous, jeunes gens et jeunes filles, adultes de demain, qu’il appartiendra de laisser disparaître d’elles-mêmes les coutumes abusives, tout en sachant préserver les valeurs traditionnelles positives. La vie humaine est comme un grand arbre et chaque génération est comme un jardinier. Le bon jardinier n’est pas celui qui déracine, mais celui qui, le moment venu, sait élaguer les branches mortes et, au besoin, procéder judicieusement à des greffes utiles. Couper le tronc serait se suicider, renoncer à sa personnalité propre pour endosser artificiellement celle des autres, sans y parvenir jamais tout à fait. Là encore, souvenons-nous de l’adage : « Le morceau de bois a beaucoup séjourné dans l’eau, il flottera peut-être, mais jamais il ne deviendra caïman ! »

Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur et étendre ses branches dans toutes les directions de l’espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi, bien enracinés en vous-mêmes, vous pourrez sans crainte et sans dommage vous ouvrir vers l’extérieur, à la fois pour donner et pour recevoir.

Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d’abord, l’approfondissement et la préservation de vos langues maternelles, véhicules irremplaçables de nos cultures spécifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue héritée de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux différentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de mieux se connaître, mais aussi pour nous ouvrir sur l’extérieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.

Jeunes gens d’Afrique et du monde, le destin a voulu qu’en cette fin du vingtième siècle, à l’aube d’une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n’aspirent qu’à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l’avenir, plein d’incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d’aventures nouvelles et d’expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu’il y ait, non-rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d’une époque par l’autre.

Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage. Et si vous avez la chance d’avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout seuls. Si des conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre !

Et lorsque vous voudrez vous employer, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la Terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l’on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la Vie, sous tous ses aspects !

Certains d’entre vous diront peut-être: « C’est trop nous demander ! Une telle tâche nous dépasse ! ». Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de même qu’il n’y a pas de « petit » incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n’y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l’on ne sait jamais, au départ, de quelle action apparemment modeste sortira l’événement qui changera la face des choses. N’oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d’une graine qui, au départ, n’est pas plus grosse qu’un tout petit grain de café…

Cette lettre a longtemps été pour moi une sorte de manifeste. Je la relis régulièrement. J’espère que vous l’apprécierez également.

Pour aller plus loin :

Un livre : Amkoullel, l’enfant peul 

Un reportage : Un certain regard – Amadou Hampate Ba (Documentaire, 1969)

À la prochaine,

Kiyani


[1] Le Monde – Le sage qui murmurait à l’oreille des jeunes africains.

Snapchat future acquisition

Random thoughts.

2012.

Création de Snapchat.

L’adoption par le marché est fulgurante. La même année de sa sortie, les utilisateurs partageaient déjà plus de 20 millions de snaps par jour.

2013.

Facebook sonne à la porte.

Alors que Snapchat en un an compte près de 50 millions d’usagers avec une moyenne d’âge de 18 ans, Facebook observe un déclin de ces utilisateurs adolescents. La moyenne d’âge de leurs utilisateurs monte à 40 ans.

Pour contrer cette tendance, à la même période, Facebook s’apprête à lancer un service similaire à snapchat; Poke. Conscient que Snapchat est leur plus grand compétiteur Zuckerberg se rends à Los Angeles en secret afin de rencontrer les deux co-founders de Snapchat; Evan Spiegel et Bobby Murphy. Il leur explique qu’il s’apprête à lancer un produit identique au leur et, dans les mots de Spiegel, sa démarche pouvait se traduire par un “We’re going to crush you.”

Snapchat refuse l’offre de 3 milliards de dollars.

Spiegel says the Snapchat team has no interest in being acquired.

“There’s no way I’m going to work for anybody else,” Spiegel says. “I don’t think you’re going to see us selling any time soon.”

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Pour en savoir plus : ici

La guerre entre Facebook et snapchat a démarré.

2016.

La guerre est ouverte.

M.Z lance les stories sur Facebook, Instagram et Whatsapp. Il copie simplement tous les features de snapchat.

En parallèle, Google tente à son tour de racheter Snapchat pour $30 milliards soit 10 milliards de plus que leur valuation à cette époque.

Snapchat refuse.

2017.

Une IPO.

Il a été rapporté que Snapchat a connu une forte baisse lors du lancement d’Instagram Stories en août de l’année dernière. L’utilisation et l’engagement de Snapchat ont diminué de 15 à 40% depuis le lancement des stories Instagram. Les marques de manière générale ont choisi le camp de Facebook, car ils observent de meilleurs résultats de leurs campagnes sur Instagram.

Snapchat se lance en bourse. L’IPO leur permet de lever 2,2 milliards de $. Ces fonds leur permettent de réalimenter leurs forces pour se défendre contre instagram.

2018.

Snapchat stagne.

Le nombre d’utilisateurs n’augmente plus depuis plusieurs mois. De plus, ils sont dans le négatif. En août dernier, ils perdaient près de 353 millions de US $.

Il y a quelques semaines, Snapchat dévoilait un nouveau feature de l’appareil photo permettant d’acheter facilement des articles via Amazon.

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Si Amazon verse un pourcentage à Snap pour chaque produit vendu, ce partenariat pourrait aider la société à générer des liquidités indispensables. Les actions de Snap ont atteint un bas historique au début de septembre 2018. D’autres applications comme Pinterest permettent déjà aux utilisateurs de faire des achats comme celui-ci, mais notamment, Instagram ne le fait pas encore.

Random thoughts :

Amazon va-t-il racheter Snapchat ?

Snapchat perd de l’argent, il est difficile d’imaginer comment ils arriveront sans renfort à vaincre Facebook. Surtout que M.Z a l’air particulièrement déterminé à les anéantir. Je pense qu’ils seront contraints d’ici deux à 5 ans maximum de se faire racheter.

La question que l’on peut se poser est de savoir par qui ? Peu de compagnies peuvent se permettre de racheter une compagnie évaluée à près d’une dizaine de milliards qui ne gagne pas d’argent.

Apple ou Amazon. Amazon étant déjà dans le e-commerce, je pense qu’il est plus sûr de parier sur eux.

 

Le future du Big Data

Ceci n’est pas un article.

Facebook will collapse. Why? Because people start to really care about their data. 

Pas tout le groupe, parce qu’il s’agit tout de même d’un groupe possédant des branches dans diverses industries, allant de la télécommunication à la réalité virtuelle. Mais, je pense que le réseau social est amené à disparaître d’ici 10 ans.

Les scandales de Cambridge Analytica et le fait que la population commence à prendre conscience avec l’avènement de l’intelligence artificielle de l’importance de leurs données va sans doute amener dans les prochaines années l’émergence de services sur mesure permettant de décider à qui on fournit nos données.

Il est dérangeant de savoir que Facebook en sait autant sur nous et tout ça juste pour nous offrir des publicités soi-disant adaptées et manipuler notre humeur. Par contre, je n’aurai pas autant de problèmes à fournir mes données à une compagnie comme iCarbonX si cela peut améliorer ma santé.

Certaines personnes ont déjà commencé tout un mouvement permettant de préserver leurs identités en ligne. Si vous avez du temps, je vous invite à lire cet article très complet qui explique comment vous pouvez reprendre le contrôle de votre vie digitale. Ça fait un peu Sheldon Cooper mais il s’agit d’une tendance qui ne peut être ignorée.

L’underground de la SV parie en ce moment sur la startup Island. Ils ne fonctionnent que dans des villes américaines pour le moment mais on les garde à l’oeil.

Whatsapp par contre n’a pas encore déployé son véritable potentiel à mon avis. D’ailleurs, l’app a le potentiel de devenir un excellent CRM en particulier pour les pays en développement.

Thank you for coming to my TED Talk.

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Expérimentation 001: Grossesses précoces en CI, Chatbot & EdTech

Il y a quelques semaines, une amie avait partagé un article alarmant sur le nombre de grossesses précoces en milieu scolaire. Le ministère de l’Éducation nationale ivoirien a révélé que plus de 4 000 cas de grossesses précoces en milieu scolaire ont été enregistrés en 2017 en Côte d’Ivoire. Il déplore un “fléau préoccupant et persistant”.

Petite confession ; 

Lorsque j’ai lu cet article, mon cerveau a comme à son habitude démarré au quart de tour afin de trouver une solution.

Sans faire aucune recherche, ma première réponse à ce problème a été que la raison derrière ce nombre alarmant de grossesses involontaires chez nos petites-soeurs/frères vient du manque d’éducation sexuelle.

S’ils étaient mieux informés, logiquement, le problème serait partiellement résolu.

En plus, j’aime créer des chatbots dans mon temps libre.

1+1=2.

Une heure plus tard, j’avais conçu Sarah.

Sarah est un chatbot ayant pour cible les jeunes ivoirien(e)s entre 9 et 18 ans. Elle est créée à l’intérieur de messenger et permet d’informer de manière ludique les jeunes sur leurs relations avec le sexe opposé.

J’ai créé une simulation que vous pouvez visualiser ci-dessous ou ici afin de démontrer comment elle fonctionne.

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Les informations et chiffres fournis ici sont purement à titre indicatifs.

Vous en pensez quoi ? Perso, pour moi ça ressemble à à peu près 2 heures de ma vie que j’ai gâchée. Et je m’en suis seulement rendu compte 20 minutes après avoir commencé à écrire cet article.

Erreur 001 : Vouloir créer des solutions à des problèmes fondés sur mes propres idées reçues.

Avant de commencer à construire une solution, il faut :

  1. Rechercher les causes derrière le problème
  2. Évaluer les solutions déjà existantes, si possible discuter avec les personnes qui vivent ce problème
  3. Brainstormer afin de trouver une solution adéquate à la situation.

Je n’ai pas fait cela avant de concevoir Sarah. Elle est une solution créée avant d’avoir identifié un besoin.

Reprenons donc ensemble depuis le début.

Étape 1. Identifier les causes.

Notre réflexion se base donc sur une étude menée en mai 2001 dans 13 établissements de la ville d’Abidjan face aux connaissances, attitudes et pratiques des collégiens et lycéens d’Abidjan face au VIH/SIDA. Pour enrichir notre réflexion, j’ai également consulté deux autres rapports; La sexualité de l’adolescent à Brazzaville, Congo (1) et Enfants d’aujourd’hui, diversité des contextes, pluralité des parcours (2).

Si vous avez eu la flemme de lire les articles ci-dessus, j’ai fait un infogram résumant les chiffres clés :

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Je retiens que la moitié des étudiants interviewés considèrent que les formations qu’ils ont reçues étaient insuffisantes. N’ayant pas l’opportunité d’interviewer moi-même un groupe de collégien j’ai néanmoins posé quelques questions à mon petit-frère. Il trouve également qu’excepté le SIDA on ne lui a pas véritablement parlé des autres MST qu’il peut attraper lors de relations sexuelles. Et il avait une idée assez vague des contraceptions féminines.

En 2018, l’état ivoirien a rédigé un programme national de l’éducation sexuelle complète (2016-2020) dont le problème prioritaire était, je cite, “[l’a]bsence d’un leadership engagé en faveur de l’éducation sexuelle complète des jeunes”

Les adolescent(e)s et les jeunes sont confrontés à un déficit ou à une pluralité d’informations en matière de sexualité. Au niveau des acteurs, il ressort une insuffisance en matière de formation et de préparation des adolescent (e)s et des jeunes à l’éducation sexuelle complète et une absence de coordination, de suivi, de contrôle dans la mise en œuvre des programmes scolaires et extrascolaires.

Au vu de ces différentes recherches, je peux donc sans trop m’avancer affirmer qu’il existe un important besoin d’informations sur ce sujet pour les jeunes.

Étape 2. Analyser les solutions existantes.

L’idéal encore une fois aurait été de poser la question à un groupe de lycéennes afin de savoir quelles solutions elles utilisent, mais à défaut, je vais créer un persona. Un persona est une méthode marketing durant laquelle vous créez un personnage imaginaire ayant des caractéristiques aussi précises que possible. Votre persona représente un membre de votre clientèle. Vous voulez savoir qui est cette personne, ce qu’elle valorise et comment lui parler.

Jouez le jeu avec moi.

Notre persona va s’appeler, Arielle. Arielle étudie au collège Catholique Saint-Viateur. Sa mère et son père sont tous deux fonctionnaires. Elle a deux soeurs et un petit-frère. Notre go Arielle a une meilleure amie, Salie avec qui elle partage tout. Mais voilà, depuis quelques mois Arielle sort avec un jeune homme un peu plus âgé qu’elle. Appelons-le … Kevin. Kevin est en première année en médecine. Après un an et quelques mois de relation avec Arielle, il souhaiterait passer à la prochaine étape physiquement.

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La go Arielle (Crédit: série teenagers)

 

C’est la première fois que young Arielle se retrouve dans une telle situation. Elle a déjà eu des formations d’éducations sexuelles à l’école, mais elle avait passé la séance à rire aux blagues de Pierre-Henri, le clown de la classe assis juste derrière elle.

Q1 : Maintenant qu’elle a des questions à votre avis, vers qui se tournera-t-elle en premiers selon vous ?

A – Sa meilleure amie qui a plus d’expérience qu’elle

B- Sa mère

C- Une de ces enseignantes

D- Internet

Q2 : Et si elle souhaite par précaution acheter des médicaments contraceptifs. À quel point sera-t-elle à l’aise à se rendre à la pharmacie ?

A- Très à l’aise

B- Moyennement à l’aise

C- Pas du tout à l’aise

Réponses:

Q1 ; Première source d’information 

A – Sa meilleure amie. Pour citer les mots de son Excellence Madame Michelle Obama Première du Nom, Représentante de la Nation,

“I try to tell Sasha and Malia, do not go to other 14-year-olds for information, ‘cause all you all are dumb. Come talk to me.

Salie, l’amie d’Arielle est probablement aussi mal informée qu’elle. Et généralement, il vaut mieux chercher à prendre des conseils des personnes plus âgées. Une grande cousine par exemple.

B – Sa mère. Il est peu commun sous nos contrées que les enfants arrivent à parler de ce type de sujets à coeurs ouverts avec les parents malheureseument, donc je doute que ce soit une solution de choix pour 80% des jeunes ivoiriens.

C- Un enseignant. Personnellement, en dehors des salles de cours je ne parlais pas particulièrement avec mes enseignants.

D- Internet. Ma source de réponse numéro Unoo. J’ai essayé de voir où les jeunes peuvent trouver des réponses concernant leurs problèmes sexuels. Tout d’abord, Facebook. J’y ai lu plusieurs témoignages parmi lesquelles les jeunes se plaignaient des remarques désagréables que les vendeuses/eurs à la pharmacie leurs servent lorsqu’ils cherchent à acheter des contraceptifs. Et par ailleurs, j’ai essayé de visiter le site du “Programme national de santé de la reproduction/planning familial”. Excepté un numéro de fixe, je n’ai pas trouvé de site web sur lequel Arielle aurait pu trouver des solutions pour se rassurer.

Q2 : Et si elle souhaite par précaution acheter des médicaments contraceptifs. À quel point sera-t-elle à l’aise à se rendre à la pharmacie ?

D’après les témoignages vus sur le Net, la réponse à mon avis est la B.

Étape 3. Réanalyser Sarah Bot

Au vu de ces quelques recherches, je peux à présent plus ou moins savoir si la solution que je propose est un minimum pertinente.

Ma solution répond-elle à un problème identifié ? Oui.

Lequel ? Le manque de source d’information fiable pour l’éducation sexuelle des jeunes ivoiriens.

En quoi cette solution peut être utile ? Le chatbot est confidentiel donc les jeunes peuvent obtenir des réponses et ainsi réduire le facteur “soyance”(3) de poser des questions à la pharmacie. Le chatbot est construit à l’intérieur de messenger, une application qui leur est familière. J’ai choisi messenger car l’application peut être utilisé même sans data si vous avez un compte MTN.

En conclusion, ma solution était donc relativement cohérente dès le départ. Cela peut se justifier par le fait que j’ai moi-même grandi en Côte d’Ivoire je peux donc comprendre comment ces jeunes réfléchissent. Mais l’analyse empirique que nous venons de réaliser a été utile car elle a permi de confirmer que mon expérience n’était pas une exception.

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Sarah la grandot du quartier. Sarah c’est la vieille mère au quartier qui après t’avoir insulté et envoyé à la boutique, te donne 500fr pour payer ton alloco de 17h.

 

Tout ceci reste très théorique. Je trouverais ça intéressant de tester sur 1 à 2 mois Sarah avec une vingtaine de jeunes entre 13 et 19 ans. Si vous êtes intéressé ou connaissez des jeunes qui peuvent l’être, n’hésitez pas à me faire signe.

Voilà, ceci clôt l’expérimentation 001. Faites-moi savoir si vous avez trouvé cela intéressant et voudriez que j’en fasse plus ==> ICIIII.

Merci d’avoir lu cet article et à bientôt.

Kiyani.

Pour aller plus loin :

Comment construire un persona : The Complete, Actionable Guide to Marketing Personas


(1) On peut poser comme hypothèse que la différence entre les jeunes brazzavilois et les jeunes ivoiriens est négligeable.

(2) Ce livre sorti en 2002 à l’issu d’un colloque international à Dakar. Je n’ai lu que le chapitre sur “L’avortement en Afrique: une pratique fréquente chez les adolescents”.

(3) La soyance, mot tiré du verbe soier, est un terme ivoirien décrivant une situation embarrassante

Crédits : Merci à O’Plérou pour les emojis africains utilisés dans le prototype de Sarah-Bot, à Isabelle pour l’inspiration, et Habib, Cassandra, Cynthia et Mikail pour m’avoir relu.

Photo de couverture by Doug Linstedt on Unsplash.