Tech Food #1

Bonjour,

Akwaba to this week’s Tech Food.

Cette semaine a été riche en bonnes nouvelles pour l’écosystème Tech africain. En effet, trois start-ups opérant dans la Fintech ont chacune reçu des investissements de plus de $8M d’importants fonds d’investissement internationaux. Certaines voix se sont levées afin de dénoncer le fait qu’une fois de plus, les start-ups fondées par des Africains expatriés ont plus facilement accès aux financements externes que celles fondées par des locaux. Leurs observations sont fondées. C’est vrai qu’il est naturellement plus facile pour des investisseurs de faire confiance à des founders qui ont un background proche du leurs. Fait est qu’investir dans une start-up en lancement est un investissement à haut risque, en particulier dans des pays en développant où les entrepreneurs doivent faire face à des problèmes hors de leurs contrôles — comme l’instabilité politique pour n’en citer qu’un. Pour cela, les investisseurs doivent apporter plus d’importance sur les compétences de l’équipe et pour cela ils vont chercher tout signe de succès dans votre parcours ; votre GPA, les universités fréquentées, projets réalisés, compétitions remportées et se renseigné auprès de leurs entourages sur vous. Et naturellement, ils accorderont plus de poids à une personne ayant fait Harvard ou Stanford que l’INPHB qui bien qu’étant reconnu comme une excellente école en Côte d’Ivoire ne l’est pas à l’international.

Cette inégalité ne pourra être comblée que si nous arrivons à créer de plus fortes compagnies. Plus nous aurons des startups générants des revenus, plus les investisseurs auront confiance en nos Tech hubs et plus ils investisseront dans les compagnies “locales” et non “non locales”. Le fait qu’une compagnie arrive à attirer de gros investisseurs dans nos pays revient à ouvrir une porte pour plus d’investissement, mais surtout à encourager les investisseurs locaux à se lancer dans l’arène qui seront meilleurs à évaluer les compétences des entrepreneurs locaux.

Nous nous devons donc de nous supporter et encourager les uns les autres. Lorsqu’une start-up arrive à fermer une série A ou B c’est une victoire pour tous.

Félicitation donc aux équipes de Paystack pour leurs levés de $8M, à Paga pour leurs $10M et enfin à Yoco pour leurs $16M !


Ce que je lis :

Start-Up nation : The Story’s of Israel’s Economic Miracle — Recommandé par Monsieur Strive Masiyiwa ce livre est sans doute un de mes business book préféré de cette année. On y apprend beaucoup sur l’ascension d’Israël, une petite nation – ils ne sont pas plus de 10 millions d’habitants – de 70 ans qui est aujourd’hui devenue l’un des meilleurs Tech Hub au monde. Loin des clichés que l’on peut avoir sur le peuple juif, l’auteur nous explique qu’Israël représente la plus grande concentration d’innovation et d’entrepreneuriat dans le monde aujourd’hui. Ce livre tente d’expliquer ce phénomène. Vous allez rire face au culot des entrepreneurs israéliens, réfléchir face à leur culture antihiérachirque et apprendre tout au long comment ils réussissent à se faire reconnaître sur la scène internationale malgré les conditions sociopolitiques qui jouent contre eux.


Découverte de la semaine :

+ L’université virtuelle de Côte d’Ivoire  (UVCI)—  Plus tôt cette semaine les internautes ivoiriens s’indignaient face à un communiqué du ministère de l’Éducation. En effet, désormais selon les nouvelles modalités de passage en classe supérieure au primaire CP1, CE1 et CM1 et au secondaire, les élèves passent automatiquement en classe supérieure. Et en ce qui concerne les classes de CP2 et CE2, l’élève passe en classe supérieure si sa moyenne générale annuelle est supérieure ou égale à 8/20. En traduction, les élèves n’ayant pas acquis les connaissances sont quand même récompensés et accumuleront leurs lacunes classes après classe. Autre traduction, notre système éducatif encourage la médiocrité.

Dans les économies actuelles fondées sur la connaissance, l’accès à une éducation de qualité et les chances de développement sont les deux faces d’une même pièce. Je ne suis pas enseignante, mais j’aime à croire que je suis une personne relativement pragmatique. Je suis consciente qu’il est difficile de changer un système éducatif, surtout à cause des coûts financiers et structurels mais les populations ivoiriennes et africaines en général manque de compétences techniques. Je pense que les MOOCs sont une stratégie intéressante pour combler ces lacunes. J’étais donc agréablement surprise lorsqu’il y a quelques jours j’ai découvert l’université virtuelle de Côte d’Ivoire, une initiative mise en œuvre par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique qui vise au développement du numérique éducatif.  L’UVCI propose une licence informatique & science du numérique avec 6 spécialités et d’après leur site web, recense 6261 étudiants.

Je n’ai pas pu trouver beaucoup d’informations sur le programme en lui-même et ces coûts. Quels sont les frais de la licence ? Et combien de projets pratiques les étudiants doivent-ils remplir durant leurs parcours ?

En ce qui concerne les frais de scolarité, un modèle que je trouve personnellement intéressant est celui de la Lambda School qui forme les gens à devenir des ingénieurs logiciels sans coût initial. Au lieu de payer les frais de scolarité, les étudiants peuvent accepter de payer un pourcentage de leur revenu après leur emploi, et seulement s’ils gagnent plus de 50 000 dollars par an. Si vous ne trouvez pas d’emploi ou n’atteignez pas ce niveau de revenu, vous ne paierez jamais un centime. Et pour ce qui est de s’assurer de la qualité du MOOC et de l’employabilité des diplômés ont peut difficilement faire mieux que nos confrères nigérians de chez Andela qui forme des ingénieurs logiciels qui s’entraînent pendant trois mois à résoudre des cas réels en entreprises sur quatre fuseaux horaires différents. 

Quoiqu’il en soit l’UVCI est une belle initiative qui demande à être suivie de près avant de porter un jugement.


4 articles pour ce week-end :

1. The problem with simply growing more tech hubs in Africa— “We need to find a solution to the private sector getting involved in R&D to fuel innovation that then creates trust in startup companies for local funds to invest in them and create local wealth.”

2. South Africa, the most robust and developed Tech Hub on the continent — “South Africa has the most mature startup ecosystem in Africa, with a small but established venture capital industry, government investing in innovation for the past two decades, the oldest incubator in Africa (the Bandwidth Barn operated by the Cape Innovation and Technology Initiative (CITI) since 2000), and a growing pool of entrepreneurs and success stories.”

3. Purchasing Patterns in the Informal Economy — “When cash flow is irregular and not always unpredictable, both in amount and frequency, such as it is for the majority earning a living in the informal economy, buyer behavior is not quite the same as for mainstream consumers with access to credit cards and regular paychecks.”

4. Why Africa may be the secret to advancing human potential — “The Internet is the global equalizer. It has fundamentally changed how knowledge is shared and opportunities are accessed. With a connected device and a desire to learn, anyone can tap into the knowledge, experience and insights from the world’s greatest minds and communities, irrespective of where they are.”

Une citation à laquelle je pense — “Rendez le bien pour le bien et la justice pour le mal” — Confucius 

 


Crédits :

Farnam Street pour l’inspiration.

Merci à Mykaïl et Thierri pour m’avoir relu.

Photo de couverture by Goran Ivos on Unsplash

2 thoughts on “Tech Food #1

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