Qu’est-ce qu’une start-up ?

Je souhaite profiter de ce dĂ©but d’annĂ©e pour revenir aux principes fondamentaux qui dĂ©finissent une start-up. J’ai ressorti mes vieux classiques de ma bibliothĂ©que et aux cours des prochaines semaines je tĂącherai d’expliquer ces principes et, si possible, de les accompagner de travaux pratiques.

Commençons donc par quelques dĂ©finitions afin de nous assurer que l’on parte du mĂȘme pied.

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Une start-up est une organisation formĂ©e dans le but de rechercher un modĂšle d’affaire. Ce modĂšle doit rĂ©pondre Ă  deux rĂšgles :

  • Être reproductible/industriable
  • Être scalable, c’est Ă  dire permettre une croissance exponentielle

L’aspect le plus important d’une start-up est sa croissance. Une startup est une entreprise conçue pour se dĂ©velopper rapidement. Être nouvellement fondĂ© ne fait pas en soi d’une entreprise une start-up. Il n’est pas non plus nĂ©cessaire pour une start-up de travailler dans les technologies, de prendre un financement Ă  risque, ou d’avoir une sorte de “sortie” (c’est Ă  dire ĂȘtre rachetĂ© au prix fort ou entrĂ© en bourse, on dit alors que la start-up fait une IPO ou ĂȘtre rachetĂ© au prix fort).

La seule chose essentielle est la croissance.

Pour mieux comprendre ces deux concepts, j’ai crĂ©Ă© un petit jeu que je nomme “start-up ou pas start-up”:


Merci Ă  Thierri, Roxane et Maria pour avoir relu mes brouillons.

Lettre de Amadou HampĂątĂ© Ba Ă  la jeunesse

Monsieur HampĂątĂ© Ba est l’un de mes auteurs prĂ©fĂ©rĂ©s. Tant par la sagesse de ses mots, la grĂące de sa plume, la noblesse des causes qu’il a dĂ©fendues ou encore l’humilitĂ© de l’homme que l’on ressent dans ses textes.

À la fois poĂšte, ethnologue, conteur et ambassadeur, ce Â« diplĂŽmĂ© de la grande universitĂ© de la Parole enseignĂ©e Ă  l’ombre des baobabs » a toujours mis un point d’honneur Ă  dialoguer avec les jeunes du continent [1].

Je tenais donc Ă  partager avec vous cette lettre Ă©crite par celui que l’on appelle le sage de Bandiagara et que je me plais Ă  considĂ©rer comme mon maĂźtre. La lettre est aussi pertinente aujourd’hui que lors de sa premiĂšre apparition en 1985.

Mes chers cadets,

Celui qui vous parle est l’un des premiers nĂ©s du vingtiĂšme siĂšcle. Il a donc vĂ©cu bien longtemps et, comme vous l’imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prĂ©tend pas pour autant ĂȘtre un maĂźtre en quoi que ce soit. Avant tout, il s’est voulu un Ă©ternel chercheur, un Ă©ternel Ă©lĂšve, et aujourd’hui encore sa soif d’apprendre est aussi vive qu’aux premiers jours.

Il a commencĂ© par chercher en lui-mĂȘme, se donnant beaucoup de peine pour se dĂ©couvrir et bien se connaĂźtre, afin de pouvoir ensuite se reconnaĂźtre en son prochain et l’aimer en consĂ©quence. Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant.

AprĂšs cette quĂȘte difficile, il entreprit de nombreux voyages Ă  travers le monde : Afrique, Proche-Orient, Europe, AmĂ©rique. En Ă©lĂšve sans complexes ni prĂ©jugĂ©s, il sollicita l’enseignement de tous les maĂźtres et de tous les sages qu’il lui fut donnĂ© de rencontrer. Il se mit docilement Ă  leur Ă©coute. Il enregistra fidĂšlement leurs dires et analysa objectivement leurs leçons, afin de bien comprendre les diffĂ©rents aspects de leurs cultures et, par lĂ  mĂȘme, les raisons de leur comportement. Bref, il s’efforça toujours de comprendre les hommes, car le grand problĂšme de la vie, c’est la MUTUELLE COMPRÉHENSION.

Certes, qu’il s’agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous diffĂ©rents les uns des autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c’est cela qu’il faut chercher pour pouvoir se reconnaĂźtre en l’autre et dialoguer avec lui. Alors nos diffĂ©rences, au lieu de nous sĂ©parer, deviendront complĂ©mentaritĂ© et source d’enrichissement mutuel. De mĂȘme que la beautĂ© d’un tapis tient Ă  la variĂ©tĂ© de ses couleurs, la diversitĂ© des hommes, des cultures et des civilisations fait la beautĂ© et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme oĂč tous les hommes, calquĂ©s sur un mĂȘme modĂšle, penseraient et vivraient de la mĂȘme façon ! N’ayant plus rien Ă  dĂ©couvrir chez les autres, comment s’enrichirait-on soi-mĂȘme ?

À notre Ă©poque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent non plus sur ce qui les sĂ©pare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identitĂ© de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre est toujours plus enrichissante, mĂȘme pour l’épanouissement de sa propre identitĂ©, que les conflits ou les discussions stĂ©riles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maĂźtre d’Afrique disait : il y a « ma » vĂ©ritĂ© et « ta » vĂ©ritĂ©, qui ne se rencontreront jamais. « LA » VĂ©ritĂ© se trouve au milieu. Pour s’en approcher, chacun doit se dĂ©gager un peu de « sa » vĂ©ritĂ© pour faire un pas vers l’autre


Jeunes gens, derniers-nĂ©s du vingtiĂšme siĂšcle, vous vivez Ă  une Ă©poque Ă  la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l’humanitĂ© et passionnante par les possibilitĂ©s qu’elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La gĂ©nĂ©ration du vingt et uniĂšme siĂšcle connaĂźtra une fantastique rencontre de races et d’idĂ©es. Selon la façon dont elle assimilera ce phĂ©nomĂšne, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers. Dans ce monde moderne, personne ne peut plus se rĂ©fugier dans sa tour d’ivoire. Tous les États, qu’ils soient forts ou faibles, riches ou pauvres, sont dĂ©sormais interdĂ©pendants, ne serait-ce que sur le plan Ă©conomique ou face aux dangers d’une guerre internationale. Qu’ils le veuillent ou non, les hommes sont embarquĂ©s sur un mĂȘme radeau : qu’un ouragan se lĂšve, et tout le monde sera menacĂ© Ă  la fois. Ne vaut-il pas mieux essayer de se comprendre et de s’entraider mutuellement avant qu’il ne soit trop tard ?

L’interdĂ©pendance mĂȘme des États impose une complĂ©mentaritĂ© indispensable des hommes et des cultures. De nos jours, l’humanitĂ© est comme une grande usine oĂč l’on travaille Ă  la chaĂźne : chaque piĂšce, petite ou grande, a un rĂŽle dĂ©fini Ă  jouer qui peut conditionner la bonne marche de toute l’usine.

Actuellement, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les blocs d’intĂ©rĂȘt s’affrontent et se dĂ©chirent. Il vous appartiendra peut-ĂȘtre, ĂŽ jeunes gens, de faire Ă©merger peu Ă  peu un nouvel Ă©tat d’esprit, davantage orientĂ© vers la complĂ©mentaritĂ© et la solidaritĂ©, tant individuelle qu’internationale. Ce sera la condition de la paix, sans laquelle il ne saurait y avoir de dĂ©veloppement.

La civilisation traditionnelle (je parle surtout de l’Afrique de la savane au sud du Sahara, que je connais plus particuliĂšrement) Ă©tait avant tout une civilisation de responsabilitĂ© et de solidaritĂ© Ă  tous les niveaux. En aucun cas un homme, quel qu’il soit, n’était isolĂ©. Jamais on n’aurait laissĂ© une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la sociĂ©tĂ©, comme une piĂšce dĂ©tachĂ©e. On lui trouvait toujours une place au sein de la grande famille africaine, oĂč mĂȘme l’étranger de passage trouvait gĂźte et nourriture. L’esprit communautaire et le sens du partage prĂ©sidaient Ă  tous les rapports humains. Le plat de riz, si modeste fĂ»t-il, Ă©tait ouvert Ă  tous.

L’homme s’identifiait Ă  sa parole, qui Ă©tait sacrĂ©e. Le plus souvent, les conflits se rĂ©glaient pacifiquement grĂące Ă  la « palabre » : « Se rĂ©unir pour discuter, dit l’adage, c’est mettre tout le monde Ă  l’aise et Ă©viter la discorde ». Les vieux, arbitres respectĂ©s, veillaient au maintien de la paix dans le village. « Paix ! », « La paix seulement ! », sont les formules-clĂ© de toutes les salutations rituelles africaines. L’un des grands objectifs des initiations et des religions traditionnelles Ă©tait l’acquisition, par chaque individu, d’une totale maĂźtrise de soi et d’une paix intĂ©rieure sans laquelle il ne saurait y avoir de paix extĂ©rieure. C’est dans la paix et dans la paix seulement que l’homme peut construire et dĂ©velopper la sociĂ©tĂ©, alors que la guerre ruine en quelques jours ce que l’on a mis des siĂšcles Ă  bĂątir !

L’homme Ă©tait Ă©galement considĂ©rĂ© comme responsable de l’équilibre du monde naturel environnant. Il lui Ă©tait interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n’était pas sa propriĂ©tĂ©, mais un dĂ©pĂŽt sacrĂ© confiĂ© par le CrĂ©ateur et dont il n’était que le gĂ©rant. VoilĂ  une notion qui prend aujourd’hui toute sa signification si l’on songe Ă  la lĂ©gĂšretĂ© avec laquelle les hommes de notre temps Ă©puisent les richesses de la planĂšte et dĂ©truisent ses Ă©quilibres naturels.

Certes, comme toute sociĂ©tĂ© humaine, la sociĂ©tĂ© africaine avait aussi ses tares, ses excĂšs et ses faiblesses. C’est Ă  vous, jeunes gens et jeunes filles, adultes de demain, qu’il appartiendra de laisser disparaĂźtre d’elles-mĂȘmes les coutumes abusives, tout en sachant prĂ©server les valeurs traditionnelles positives. La vie humaine est comme un grand arbre et chaque gĂ©nĂ©ration est comme un jardinier. Le bon jardinier n’est pas celui qui dĂ©racine, mais celui qui, le moment venu, sait Ă©laguer les branches mortes et, au besoin, procĂ©der judicieusement Ă  des greffes utiles. Couper le tronc serait se suicider, renoncer Ă  sa personnalitĂ© propre pour endosser artificiellement celle des autres, sans y parvenir jamais tout Ă  fait. LĂ  encore, souvenons-nous de l’adage : « Le morceau de bois a beaucoup sĂ©journĂ© dans l’eau, il flottera peut-ĂȘtre, mais jamais il ne deviendra caĂŻman ! »

Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croĂźtre en hauteur et Ă©tendre ses branches dans toutes les directions de l’espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi, bien enracinĂ©s en vous-mĂȘmes, vous pourrez sans crainte et sans dommage vous ouvrir vers l’extĂ©rieur, Ă  la fois pour donner et pour recevoir.

Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d’abord, l’approfondissement et la prĂ©servation de vos langues maternelles, vĂ©hicules irremplaçables de nos cultures spĂ©cifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue hĂ©ritĂ©e de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux diffĂ©rentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de mieux se connaĂźtre, mais aussi pour nous ouvrir sur l’extĂ©rieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.

Jeunes gens d’Afrique et du monde, le destin a voulu qu’en cette fin du vingtiĂšme siĂšcle, Ă  l’aube d’une Ăšre nouvelle, vous soyez comme un pont jetĂ© entre deux mondes : celui du passĂ©, oĂč de vieilles civilisations n’aspirent qu’à vous lĂ©guer leurs trĂ©sors avant de disparaĂźtre, et celui de l’avenir, plein d’incertitudes et de difficultĂ©s, certes, mais riche aussi d’aventures nouvelles et d’expĂ©riences passionnantes. Il vous appartient de relever le dĂ©fi et de faire en sorte qu’il y ait, non-rupture mutilante, mais continuation sereine et fĂ©condation d’une Ă©poque par l’autre.

Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communautĂ©, de solidaritĂ© et de partage. Et si vous avez la chance d’avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout seuls. Si des conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre !

Et lorsque vous voudrez vous employer, au lieu de consacrer toutes vos Ă©nergies Ă  des travaux stĂ©riles et improductifs, pensez Ă  revenir vers notre MĂšre la Terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l’on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la Vie, sous tous ses aspects !

Certains d’entre vous diront peut-ĂȘtre: « C’est trop nous demander ! Une telle tĂąche nous dĂ©passe ! ». Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de mĂȘme qu’il n’y a pas de « petit » incendie (tout dĂ©pend de la nature du combustible rencontrĂ©), il n’y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l’on ne sait jamais, au dĂ©part, de quelle action apparemment modeste sortira l’évĂ©nement qui changera la face des choses. N’oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d’une graine qui, au dĂ©part, n’est pas plus grosse qu’un tout petit grain de café 

Cette lettre a longtemps Ă©tĂ© pour moi une sorte de manifeste. Je la relis rĂ©guliĂšrement. J’espĂšre que vous l’apprĂ©cierez Ă©galement.

Pour aller plus loin :

Un livre : Amkoullel, l’enfant peul 

Un reportage : Un certain regard – Amadou Hampate Ba (Documentaire, 1969)

À la prochaine,

Kiyani


[1] Le Monde – Le sage qui murmurait Ă  l’oreille des jeunes africains.

Snapchat future acquisition

Random thoughts.

2012.

Création de Snapchat.

L’adoption par le marchĂ© est fulgurante. La mĂȘme annĂ©e de sa sortie, les utilisateurs partageaient dĂ©jĂ  plus de 20 millions de snaps par jour.

2013.

Facebook sonne Ă  la porte.

Alors que Snapchat en un an compte prĂšs de 50 millions d’usagers avec une moyenne d’Ăąge de 18 ans, Facebook observe un dĂ©clin de ces utilisateurs adolescents. La moyenne d’ñge de leurs utilisateurs monte Ă  40 ans.

Pour contrer cette tendance, à la mĂȘme pĂ©riode, Facebook s’apprĂȘte Ă  lancer un service similaire Ă  snapchat; Poke. Conscient que Snapchat est leur plus grand compĂ©titeur Zuckerberg se rends Ă  Los Angeles en secret afin de rencontrer les deux co-founders de Snapchat; Evan Spiegel et Bobby Murphy. Il leur explique qu’il s’apprĂȘte Ă  lancer un produit identique au leur et, dans les mots de Spiegel, sa dĂ©marche pouvait se traduire par un “We’re going to crush you.”

Snapchat refuse l’offre de 3 milliards de dollars.

Spiegel says the Snapchat team has no interest in being acquired.

“There’s no way I’m going to work for anybody else,” Spiegel says. “I don’t think you’re going to see us selling any time soon.”

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Pour en savoir plus : ici

La guerre entre Facebook et snapchat a démarré.

2016.

La guerre est ouverte.

M.Z lance les stories sur Facebook, Instagram et Whatsapp. Il copie simplement tous les features de snapchat.

En parallĂšle, Google tente Ă  son tour de racheter Snapchat pour $30 milliards soit 10 milliards de plus que leur valuation Ă  cette Ă©poque.

Snapchat refuse.

2017.

Une IPO.

Il a Ă©tĂ© rapportĂ© que Snapchat a connu une forte baisse lors du lancement d’Instagram Stories en aoĂ»t de l’annĂ©e derniĂšre. L’utilisation et l’engagement de Snapchat ont diminuĂ© de 15 Ă  40% depuis le lancement des stories Instagram. Les marques de maniĂšre gĂ©nĂ©rale ont choisi le camp de Facebook, car ils observent de meilleurs rĂ©sultats de leurs campagnes sur Instagram.

Snapchat se lance en bourse. L’IPO leur permet de lever 2,2 milliards de $. Ces fonds leur permettent de rĂ©alimenter leurs forces pour se dĂ©fendre contre instagram.

2018.

Snapchat stagne.

Le nombre d’utilisateurs n’augmente plus depuis plusieurs mois. De plus, ils sont dans le nĂ©gatif. En aoĂ»t dernier, ils perdaient prĂšs de 353 millions de US $.

Il y a quelques semaines, Snapchat dĂ©voilait un nouveau feature de l’appareil photo permettant d’acheter facilement des articles via Amazon.

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Si Amazon verse un pourcentage Ă  Snap pour chaque produit vendu, ce partenariat pourrait aider la sociĂ©tĂ© Ă  gĂ©nĂ©rer des liquiditĂ©s indispensables. Les actions de Snap ont atteint un bas historique au dĂ©but de septembre 2018. D’autres applications comme Pinterest permettent dĂ©jĂ  aux utilisateurs de faire des achats comme celui-ci, mais notamment, Instagram ne le fait pas encore.

Random thoughts :

Amazon va-t-il racheter Snapchat ?

Snapchat perd de l’argent, il est difficile d’imaginer comment ils arriveront sans renfort Ă  vaincre Facebook. Surtout que M.Z a l’air particuliĂšrement dĂ©terminĂ© Ă  les anĂ©antir. Je pense qu’ils seront contraints d’ici deux Ă  5 ans maximum de se faire racheter.

La question que l’on peut se poser est de savoir par qui ? Peu de compagnies peuvent se permettre de racheter une compagnie Ă©valuĂ©e Ă  prĂšs d’une dizaine de milliards qui ne gagne pas d’argent.

Apple ou Amazon. Amazon Ă©tant dĂ©jĂ  dans le e-commerce, je pense qu’il est plus sĂ»r de parier sur eux.

 

Le future du Big Data

Ceci n’est pas un article.

Facebook will collapse. Why? Because people start to really care about their data. 

Pas tout le groupe, parce qu’il s’agit tout de mĂȘme d’un groupe possĂ©dant des branches dans diverses industries, allant de la tĂ©lĂ©communication Ă  la rĂ©alitĂ© virtuelle. Mais, je pense que le rĂ©seau social est amenĂ© Ă  disparaĂźtre d’ici 10 ans.

Les scandales de Cambridge Analytica et le fait que la population commence Ă  prendre conscience avec l’avĂšnement de l’intelligence artificielle de l’importance de leurs donnĂ©es va sans doute amener dans les prochaines annĂ©es l’Ă©mergence de services sur mesure permettant de dĂ©cider Ă  qui on fournit nos donnĂ©es.

Il est dĂ©rangeant de savoir que Facebook en sait autant sur nous et tout ça juste pour nous offrir des publicitĂ©s soi-disant adaptĂ©es et manipuler notre humeur. Par contre, je n’aurai pas autant de problĂšmes Ă  fournir mes donnĂ©es Ă  une compagnie comme iCarbonX si cela peut amĂ©liorer ma santĂ©.

Certaines personnes ont dĂ©jĂ  commencĂ© tout un mouvement permettant de prĂ©server leurs identitĂ©s en ligne. Si vous avez du temps, je vous invite Ă  lire cet article trĂšs complet qui explique comment vous pouvez reprendre le contrĂŽle de votre vie digitale. Ça fait un peu Sheldon Cooper mais il s’agit d’une tendance qui ne peut ĂȘtre ignorĂ©e.

L’underground de la SV parie en ce moment sur la startup Island. Ils ne fonctionnent que dans des villes amĂ©ricaines pour le moment mais on les garde Ă  l’oeil.

Whatsapp par contre n’a pas encore dĂ©ployĂ© son vĂ©ritable potentiel Ă  mon avis. D’ailleurs, l’app a le potentiel de devenir un excellent CRM en particulier pour les pays en dĂ©veloppement.

Thank you for coming to my TED Talk.

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ExpĂ©rimentation 001: Grossesses prĂ©coces en CI, Chatbot & EdTech

Il y a quelques semaines, une amie avait partagĂ© un article alarmant sur le nombre de grossesses prĂ©coces en milieu scolaire. Le ministĂšre de l’Éducation nationale ivoirien a rĂ©vĂ©lĂ© que plus de 4 000 cas de grossesses prĂ©coces en milieu scolaire ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s en 2017 en CĂŽte d’Ivoire. Il dĂ©plore un “flĂ©au prĂ©occupant et persistant”.

Petite confession ; 

Lorsque j’ai lu cet article, mon cerveau a comme Ă  son habitude dĂ©marrĂ© au quart de tour afin de trouver une solution.

Sans faire aucune recherche, ma premiĂšre rĂ©ponse Ă  ce problĂšme a Ă©tĂ© que la raison derriĂšre ce nombre alarmant de grossesses involontaires chez nos petites-soeurs/frĂšres vient du manque d’Ă©ducation sexuelle.

S’ils Ă©taient mieux informĂ©s, logiquement, le problĂšme serait partiellement rĂ©solu.

En plus, j’aime crĂ©er des chatbots dans mon temps libre.

1+1=2.

Une heure plus tard, j’avais conçu Sarah.

Sarah est un chatbot ayant pour cible les jeunes ivoirien(e)s entre 9 et 18 ans. Elle est crĂ©Ă©e Ă  l’intĂ©rieur de messenger et permet d’informer de maniĂšre ludique les jeunes sur leurs relations avec le sexe opposĂ©.

J’ai crĂ©Ă© une simulation que vous pouvez visualiser ci-dessous ou ici afin de dĂ©montrer comment elle fonctionne.

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Les informations et chiffres fournis ici sont purement Ă  titre indicatifs.

Vous en pensez quoi ? Perso, pour moi ça ressemble Ă  Ă  peu prĂšs 2 heures de ma vie que j’ai gĂąchĂ©e. Et je m’en suis seulement rendu compte 20 minutes aprĂšs avoir commencĂ© Ă  Ă©crire cet article.

Erreur 001 : Vouloir créer des solutions à des problÚmes fondés sur mes propres idées reçues.

Avant de commencer Ă  construire une solution, il faut :

  1. Rechercher les causes derriĂšre le problĂšme
  2. Évaluer les solutions dĂ©jĂ  existantes, si possible discuter avec les personnes qui vivent ce problĂšme
  3. Brainstormer afin de trouver une solution adéquate à la situation.

Je n’ai pas fait cela avant de concevoir Sarah. Elle est une solution crĂ©Ă©e avant d’avoir identifiĂ© un besoin.

Reprenons donc ensemble depuis le début.

Étape 1. Identifier les causes.

Notre rĂ©flexion se base donc sur une Ă©tude menĂ©e en mai 2001 dans 13 Ă©tablissements de la ville d’Abidjan face aux connaissances, attitudes et pratiques des collĂ©giens et lycĂ©ens d’Abidjan face au VIH/SIDA. Pour enrichir notre rĂ©flexion, j’ai Ă©galement consultĂ© deux autres rapports; La sexualitĂ© de l’adolescent Ă  Brazzaville, Congo (1) et Enfants d’aujourd’hui, diversitĂ© des contextes, pluralitĂ© des parcours (2).

Si vous avez eu la flemme de lire les articles ci-dessus, j’ai fait un infogram rĂ©sumant les chiffres clĂ©s :

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Je retiens que la moitiĂ© des Ă©tudiants interviewĂ©s considĂšrent que les formations qu’ils ont reçues Ă©taient insuffisantes. N’ayant pas l’opportunitĂ© d’interviewer moi-mĂȘme un groupe de collĂ©gien j’ai nĂ©anmoins posĂ© quelques questions Ă  mon petit-frĂšre. Il trouve Ă©galement qu’exceptĂ© le SIDA on ne lui a pas vĂ©ritablement parlĂ© des autres MST qu’il peut attraper lors de relations sexuelles. Et il avait une idĂ©e assez vague des contraceptions fĂ©minines.

En 2018, l’Ă©tat ivoirien a rĂ©digĂ© un programme national de l’Ă©ducation sexuelle complĂšte (2016-2020) dont le problĂšme prioritaire Ă©tait, je cite, “[l’a]bsence d’un leadership engagĂ© en faveur de l’éducation sexuelle complĂšte des jeunes”

Les adolescent(e)s et les jeunes sont confrontĂ©s Ă  un dĂ©ficit ou Ă  une pluralitĂ© d’informations en matiĂšre de sexualitĂ©. Au niveau des acteurs, il ressort une insuffisance en matiĂšre de formation et de prĂ©paration des adolescent (e)s et des jeunes Ă  l’éducation sexuelle complĂšte et une absence de coordination, de suivi, de contrĂŽle dans la mise en Ɠuvre des programmes scolaires et extrascolaires.

Au vu de ces diffĂ©rentes recherches, je peux donc sans trop m’avancer affirmer qu’il existe un important besoin d’informations sur ce sujet pour les jeunes.

Étape 2. Analyser les solutions existantes.

L’idĂ©al encore une fois aurait Ă©tĂ© de poser la question Ă  un groupe de lycĂ©ennes afin de savoir quelles solutions elles utilisent, mais Ă  dĂ©faut, je vais crĂ©er un persona. Un persona est une mĂ©thode marketing durant laquelle vous crĂ©ez un personnage imaginaire ayant des caractĂ©ristiques aussi prĂ©cises que possible. Votre persona reprĂ©sente un membre de votre clientĂšle. Vous voulez savoir qui est cette personne, ce qu’elle valorise et comment lui parler.

Jouez le jeu avec moi.

Notre persona va s’appeler, Arielle. Arielle Ă©tudie au collĂšge Catholique Saint-Viateur. Sa mĂšre et son pĂšre sont tous deux fonctionnaires. Elle a deux soeurs et un petit-frĂšre. Notre go Arielle a une meilleure amie, Salie avec qui elle partage tout. Mais voilĂ , depuis quelques mois Arielle sort avec un jeune homme un peu plus ĂągĂ© qu’elle. Appelons-le … Kevin. Kevin est en premiĂšre annĂ©e en mĂ©decine. AprĂšs un an et quelques mois de relation avec Arielle, il souhaiterait passer Ă  la prochaine Ă©tape physiquement.

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La go Arielle (Crédit: série teenagers)

 

C’est la premiĂšre fois que young Arielle se retrouve dans une telle situation. Elle a dĂ©jĂ  eu des formations d’Ă©ducations sexuelles Ă  l’Ă©cole, mais elle avait passĂ© la sĂ©ance Ă  rire aux blagues de Pierre-Henri, le clown de la classe assis juste derriĂšre elle.

Q1 : Maintenant qu’elle a des questions Ă  votre avis, vers qui se tournera-t-elle en premiers selon vous ?

A – Sa meilleure amie qui a plus d’expĂ©rience qu’elle

B- Sa mĂšre

C- Une de ces enseignantes

D- Internet

Q2 : Et si elle souhaite par prĂ©caution acheter des mĂ©dicaments contraceptifs. À quel point sera-t-elle Ă  l’aise Ă  se rendre Ă  la pharmacie ?

A- TrĂšs Ă  l’aise

B- Moyennement Ă  l’aise

C- Pas du tout Ă  l’aise

RĂ©ponses:

Q1 ; PremiĂšre source d’information 

A – Sa meilleure amie. Pour citer les mots de son Excellence Madame Michelle Obama PremiĂšre du Nom, ReprĂ©sentante de la Nation,

“I try to tell Sasha and Malia, do not go to other 14-year-olds for information, ‘cause all you all are dumb. Come talk to me.

Salie, l’amie d’Arielle est probablement aussi mal informĂ©e qu’elle. Et gĂ©nĂ©ralement, il vaut mieux chercher Ă  prendre des conseils des personnes plus ĂągĂ©es. Une grande cousine par exemple.

B – Sa mĂšre. Il est peu commun sous nos contrĂ©es que les enfants arrivent Ă  parler de ce type de sujets Ă  coeurs ouverts avec les parents malheureseument, donc je doute que ce soit une solution de choix pour 80% des jeunes ivoiriens.

C- Un enseignant. Personnellement, en dehors des salles de cours je ne parlais pas particuliĂšrement avec mes enseignants.

D- Internet. Ma source de rĂ©ponse numĂ©ro Unoo. J’ai essayĂ© de voir oĂč les jeunes peuvent trouver des rĂ©ponses concernant leurs problĂšmes sexuels. Tout d’abord, Facebook. J’y ai lu plusieurs tĂ©moignages parmi lesquelles les jeunes se plaignaient des remarques dĂ©sagrĂ©ables que les vendeuses/eurs Ă  la pharmacie leurs servent lorsqu’ils cherchent Ă  acheter des contraceptifs. Et par ailleurs, j’ai essayĂ© de visiter le site du “Programme national de santĂ© de la reproduction/planning familial”. ExceptĂ© un numĂ©ro de fixe, je n’ai pas trouvĂ© de site web sur lequel Arielle aurait pu trouver des solutions pour se rassurer.

Q2 : Et si elle souhaite par prĂ©caution acheter des mĂ©dicaments contraceptifs. À quel point sera-t-elle Ă  l’aise Ă  se rendre Ă  la pharmacie ?

D’aprĂšs les tĂ©moignages vus sur le Net, la rĂ©ponse Ă  mon avis est la B.

Étape 3. RĂ©analyser Sarah Bot

Au vu de ces quelques recherches, je peux à présent plus ou moins savoir si la solution que je propose est un minimum pertinente.

Ma solution répond-elle à un problÚme identifié ? Oui.

Lequel ? Le manque de source d’information fiable pour l’Ă©ducation sexuelle des jeunes ivoiriens.

En quoi cette solution peut ĂȘtre utile ? Le chatbot est confidentiel donc les jeunes peuvent obtenir des rĂ©ponses et ainsi rĂ©duire le facteur “soyance”(3) de poser des questions Ă  la pharmacie. Le chatbot est construit Ă  l’intĂ©rieur de messenger, une application qui leur est familiĂšre. J’ai choisi messenger car l’application peut ĂȘtre utilisĂ© mĂȘme sans data si vous avez un compte MTN.

En conclusion, ma solution Ă©tait donc relativement cohĂ©rente dĂšs le dĂ©part. Cela peut se justifier par le fait que j’ai moi-mĂȘme grandi en CĂŽte d’Ivoire je peux donc comprendre comment ces jeunes rĂ©flĂ©chissent. Mais l’analyse empirique que nous venons de rĂ©aliser a Ă©tĂ© utile car elle a permi de confirmer que mon expĂ©rience n’Ă©tait pas une exception.

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Sarah la grandot du quartier. Sarah c’est la vieille mĂšre au quartier qui aprĂšs t’avoir insultĂ© et envoyĂ© Ă  la boutique, te donne 500fr pour payer ton alloco de 17h.

 

Tout ceci reste trĂšs thĂ©orique. Je trouverais ça intĂ©ressant de tester sur 1 Ă  2 mois Sarah avec une vingtaine de jeunes entre 13 et 19 ans. Si vous ĂȘtes intĂ©ressĂ© ou connaissez des jeunes qui peuvent l’ĂȘtre, n’hĂ©sitez pas Ă  me faire signe.

VoilĂ , ceci clĂŽt l’expĂ©rimentation 001. Faites-moi savoir si vous avez trouvĂ© cela intĂ©ressant et voudriez que j’en fasse plus ==> ICIIII.

Merci d’avoir lu cet article et Ă  bientĂŽt.

Kiyani.

Pour aller plus loin :

Comment construire un persona : The Complete, Actionable Guide to Marketing Personas


(1) On peut poser comme hypothÚse que la différence entre les jeunes brazzavilois et les jeunes ivoiriens est négligeable.

(2) Ce livre sorti en 2002 Ă  l’issu d’un colloque international Ă  Dakar. Je n’ai lu que le chapitre sur “L’avortement en Afrique: une pratique frĂ©quente chez les adolescents”.

(3) La soyance, mot tiré du verbe soier, est un terme ivoirien décrivant une situation embarrassante

CrĂ©dits : Merci Ă  O’PlĂ©rou pour les emojis africains utilisĂ©s dans le prototype de Sarah-Bot, Ă  Isabelle pour l’inspiration, et Habib, Cassandra, Cynthia et Mikail pour m’avoir relu.

Photo de couverture by Doug Linstedt on Unsplash.

Tech Food #2

Bonjour,

Akwaba to this week’s Tech Food.

Ces deux derniÚres semaines, je réfléchis beaucoup au principe de communauté.

Je me rappelle encore de ma joie lorsqu’en 2007-2008 mes parents ont eu la gentillesse d’installer internet Ă  la maison. C’Ă©tait les dĂ©buts de MSN, Facebook et Twitter. Pour la premiĂšre fois, le monde entier s’ouvrait Ă  moi. Internet est une ressource infinie de connaissances, avec des milliards de pages sur chaque sujet imaginable. Mais je n’Ă©tais qu’une adolescente et loin de passer mes journĂ©es sur WikipĂ©dia tout ce qui m’intĂ©ressait Ă©tait de pouvoir me connecter avec mes amis. GrĂące Ă  internet, j’ai dĂ©couvert sur twitter que la fille populaire de mon lycĂ©e partageait les mĂȘmes prĂ©occupations que moi, j’ai dĂ©battu sur des forums Ă  propos d’Harry Potter et j’ai dĂ©couvert de nouveaux romans grĂące Ă  des listes de recommandations.

Lorsqu’une dĂ©cennie plus tard j’ai commencĂ© Ă  m’intĂ©resser Ă  l’univers des start-ups, quelle ne fut ma joie la premiĂšre fois que je suis tombĂ© sur Product Hunt ! Tous les jours, je m’y rendais afin de dĂ©couvrir de nouveaux produits et je pouvais directement discuter avec les dĂ©veloppeurs afin de mieux comprendre leurs processus de crĂ©ations. Et en dehors de Product hunt, je sais que je peux me tourner vers reddit, quora, ou la communautĂ© de github si j’ai des questions de programmation, sur les startups ou si je veux juste gossiper sur Amazon.

Mais lorsque je veux parler de startups africaines, de l’actualitĂ© Tech, et des conditions spĂ©cifiques qui font que bons nombres de conseils que l’on retrouve sur le Web ne peuvent s’appliquer Ă  une start-up opĂ©rant sur notre continent oĂč est-ce que je peux aller ? Il existe une fracture impressionnante entre l’Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Sud. Il y a un manque de communication entre les membres de l’Ă©cosystĂšme africain. J’aimerais savoir oĂč je peux aller si je veux Ă©changer avec une start-up en agritech opĂ©rant au Kenya. Comment savoir qui fait quoi, qui travaille sur quoi, qui est oĂč, quoi oĂč est ?

Chaque projet commence par une inspiration, en partageant nos idées et en travaillant ensemble afin de résoudre des challenges que nous partageons, nous encourageons les autres à se joindre à nous, et à innover de leurs cÎtés afin de résoudre des problÚmes plus grands que notre simple existence.

Donc parfois je m’assois et je rĂ©flĂ©chis. Comment pouvons-nous remĂ©dier Ă  ce problĂšme de communication ?

Est-ce qu’une solution pourrait ĂȘtre de crĂ©er une place en ligne pour nous permettre d’Ă©changer des idĂ©es, afin de satisfaire la curiositĂ© intellectuelle – ou plus en particulier, la curiositĂ© intellectuelle des entrepreneurs Tech africains qui sont intĂ©ressĂ©s par tout ? Cette place pourrait inclure tout ce qui est en lien avec l’informatique et les startups, mais aussi bien d’autres choses: la science, l’art, la littĂ©rature, l’histoire. Mais n’est-ce pas une hĂ©rĂ©sie de vouloir crĂ©er un “ghetto africain” sur internet en 2018 alors que rien ne nous empĂȘche d’ouvrir des forums sur des plateformes dĂ©jĂ  existantes ? Je ne sais pas quelle est la rĂ©ponse. Je rĂ©flĂ©chis. Si vous avez des idĂ©es, n’hĂ©sitez pas Ă  m’Ă©crire en privĂ© afin qu’on en discute.

En attendant, je tenais Ă  applaudir le groupe VC4A (Venture Capital 4 Africa) pour leur start-up academy. La start-up academy est un ensemble de cours en ligne destinĂ©s aux start-ups africaines. Les cours ont Ă©tĂ© faits Ă  partir des conseils de 35 experts actifs dans l’Ă©cosystĂšme Ă©mergeant des start-ups africaines. Ils offrent prĂ©sentement trois modules : dĂ©marrez votre entreprise, dĂ©veloppez votre entreprise et  financer votre entreprise. Et cerise sur le gĂąteau, les cours sont traduits en français, anglais, arabe et somalien.

 


Ce que je lis/regarde :

+ The Everything Store: Jeff Bezos and the Age of Amazon(1) — Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, a accordĂ© cette semaine une interview d’une heure Ă  “The Economic Club Of Washington” sur la chaĂźne CNBC et qui, heureusement pour nous, Ă©tait retransmis en direct sur YouTube. J’avais lu “The everything store” au dĂ©but de cette annĂ©e, et l’avait trouvĂ© trĂšs intĂ©ressant.  Si vous souhaitez mieux comprendre comment Amazon a rĂ©ussi Ă  devenir l’une des rares compagnies ayant une capitalisation boursiĂšre de 1 billion de dollars ou simplement mieux comprendre la philosophie entrepreneuriale de Jeff Bezos, je vous le conseille fortement.

Mais en attendant de vous plongez dans ce livre, vous pouvez commencer par regarder l’interview sortie cette semaine qui reprend certains points abordĂ©s dans le livre, comme entre autres, la raison pour laquelle Amazon a commencĂ© par vendre des livres et pourquoi ils se dĂ©crivent comme une compagnie “customers-centric”. Mais en plus de cela, au cours de cette interview Jeff Bezos partage avec nous sa vision du future, de la colonisation de Mars, et ses  projets philanthropiques.

Interview à regarder ici.


DĂ©couverte de la semaine :

Est-ce qu’il vous est dĂ©jĂ  arrivĂ© de trouver ça pĂ©nible de naviguer dans l’historique de vos opĂ©rations Orange Money ? Si oui, alors je vous invite Ă  jeter un coup d’oeil Ă  l’application Kobiri.

Il y a un an Souleymane Sidibe, un jeune sĂ©nĂ©galais, Ă©tait exaspĂ©rĂ© par le systĂšme USSD proposĂ© par Orange qui ne lui permettait pas de pouvoir retracer plus de 5 opĂ©rations (voir photo ci-dessous). AprĂšs avoir exprimĂ© sa frustration sur Twitter il s’est rendu compte qu’il n’Ă©tait pas le seul dans ce cas. Pour le fun, je cite, il a dĂ©cidĂ© de travailler Ă  rĂ©soudre ce problĂšme. AprĂšs plusieurs tests, il a dĂ©voilĂ© il y a quelques jours l’application Kobiri qui va plus loin qu’une application Orange Money (voir la deuxiĂšme photo ci-dessous).

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Solution proposée par Orange Money

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Solution proposée par Kolibri

 

L’application est prĂ©sentement disponible sur l’app store uniquement pour Android, mais on espĂšre que la version iOS ne saurait tarder. Il recherche visiblement Ă  entrer en contact avec Orange SĂ©nĂ©gal. Si vous avez des connexions, n’hĂ©sitez pas Ă  le contacter.


RĂ©flexion pour ce week-end :

Cette semaine le blog du disrupteur, un site dĂ©diĂ© Ă  la communication, au marketing, Ă  l’entrepreneuriat et aux start-ups africaines Ă  publier une Ă©tude de cas sur la start-up Kusoma Group.

Lorsque j’ai tout d’abord vu l’article, j’ai Ă©tĂ© ravie de voir que des personnes se mobilisent afin d’effectuer des analyses profondes sur des start-ups africaines. L’article est argumentĂ©, et les thĂšmes techniques utilisĂ©s sont explicitĂ©s. En toute honnĂȘtetĂ©, l’article est instructif. Il soulĂšve des points pertinents mĂȘme si certaines conclusions sont, Ă  mon avis, tirĂ©es assez hĂątivement.  Par contre, au cours de ma lecture j’ai trouvĂ© le style de l’auteur pour le moins particulier. PlutĂŽt que d’ĂȘtre prĂ©sentĂ© comme une simple Ă©tude de cas, le titre de l’article est “Pourquoi Kusoma Group est en train d’échouer”, et le ton de l’article continue de descendre dans ce sens.

L’Ă©cosystĂšme des start-ups africaines est encore trĂšs jeune, en plein dĂ©veloppement et trĂšs petit. Plus qu’autre chose, nous nous devons d’ĂȘtre honnĂȘtes et supportifs les uns envers les autres. Si les faits importent, le choix des mots n’est pas Ă  nĂ©gliger.

Pour illustrer ma rĂ©flexion de ce week-end, je souhaite clĂŽre cet article par un extrait de “The Everything Store” dans lequel Jeff Bezos partage avec nous une prĂ©cieuse leçon que son grand-pĂšre lui a enseignĂ©e. 

Bezos’s grandparents taught him a lesson in compassion 
 On a road trip, when Bezos was ten and passing time in the back seat of the car, he took some mortality statistics he had heard on an antismoking public service announcement and calculated that his grandmother’s smoking habit would take nine years off her life. When he poked his head into the front seat to matter-of-factly inform her of this, she burst into tears, and Pop Gise pulled over and stopped the car.

Bezos dĂ©crit ensuite ce qui s’est passĂ© dans son discours Ă  Princeton:

He got out of the car and came around and opened my door and waited for me to follow. Was I in trouble? My grandfather was a highly intelligent, quiet man. He had never said a harsh world to me, and maybe this was to be the first time? Or maybe he would ask that I get back in the car and apologize to my grandmother. I had no experience in this realm with my grandparents and no way to gauge what the consequences might be. We stopped beside the trailer. My grandfather looked at me, and after a bit of silence, he gently and calmly said, “Jeff, one day you’ll understand that it’s harder to be kind than clever.”

Bonne semaine Ă  tous et Ă  toutes,

Kiyani


(1) En cliquant sur le lien, vous pouvez obtenir le pdf du livre, gratuitement. Mais je vous conseille tout de mĂȘme d’acheter le livre si vous trouvez les premiers chapitres intĂ©ressants. Sinon, ça devient de la piraterie.

CrĂ©dit : Merci à Cassa et MykaĂŻl pour m’avoir relu.

Photo de couverture by Gades Photography on Unsplash.

 

Tech Food #1

Bonjour,

Akwaba to this week’s Tech Food.

Cette semaine a Ă©tĂ© riche en bonnes nouvelles pour l’Ă©cosystĂšme Tech africain. En effet, trois start-ups opĂ©rant dans la Fintech ont chacune reçu des investissements de plus de $8M d’importants fonds d’investissement internationaux. Certaines voix se sont levĂ©es afin de dĂ©noncer le fait qu’une fois de plus, les start-ups fondĂ©es par des Africains expatriĂ©s ont plus facilement accĂšs aux financements externes que celles fondĂ©es par des locaux. Leurs observations sont fondĂ©es. C’est vrai qu’il est naturellement plus facile pour des investisseurs de faire confiance Ă  des founders qui ont un background proche du leurs. Fait est qu’investir dans une start-up en lancement est un investissement Ă  haut risque, en particulier dans des pays en dĂ©veloppant oĂč les entrepreneurs doivent faire face Ă  des problĂšmes hors de leurs contrĂŽles — comme l’instabilitĂ© politique pour n’en citer qu’un. Pour cela, les investisseurs doivent apporter plus d’importance sur les compĂ©tences de l’Ă©quipe et pour cela ils vont chercher tout signe de succĂšs dans votre parcours ; votre GPA, les universitĂ©s frĂ©quentĂ©es, projets rĂ©alisĂ©s, compĂ©titions remportĂ©es et se renseignĂ© auprĂšs de leurs entourages sur vous. Et naturellement, ils accorderont plus de poids Ă  une personne ayant fait Harvard ou Stanford que l’INPHB qui bien qu’Ă©tant reconnu comme une excellente Ă©cole en CĂŽte d’Ivoire ne l’est pas Ă  l’international.

Cette inĂ©galitĂ© ne pourra ĂȘtre comblĂ©e que si nous arrivons Ă  crĂ©er de plus fortes compagnies. Plus nous aurons des startups gĂ©nĂ©rants des revenus, plus les investisseurs auront confiance en nos Tech hubs et plus ils investisseront dans les compagnies “locales” et non “non locales”. Le fait qu’une compagnie arrive Ă  attirer de gros investisseurs dans nos pays revient Ă  ouvrir une porte pour plus d’investissement, mais surtout Ă  encourager les investisseurs locaux Ă  se lancer dans l’arĂšne qui seront meilleurs Ă  Ă©valuer les compĂ©tences des entrepreneurs locaux.

Nous nous devons donc de nous supporter et encourager les uns les autres. Lorsqu’une start-up arrive Ă  fermer une sĂ©rie A ou B c’est une victoire pour tous.

Félicitation donc aux équipes de Paystack pour leurs levés de $8M, à Paga pour leurs $10M et enfin à Yoco pour leurs $16M !


Ce que je lis :

+ Start-Up nation : The Story’s of Israel’s Economic Miracle — RecommandĂ© par Monsieur Strive Masiyiwa ce livre est sans doute un de mes business book prĂ©fĂ©rĂ© de cette annĂ©e. On y apprend beaucoup sur l’ascension d’IsraĂ«l, une petite nation – ils ne sont pas plus de 10 millions d’habitants – de 70 ans qui est aujourd’hui devenue l’un des meilleurs Tech Hub au monde. Loin des clichĂ©s que l’on peut avoir sur le peuple juif, l’auteur nous explique qu’IsraĂ«l reprĂ©sente la plus grande concentration d’innovation et d’entrepreneuriat dans le monde aujourd’hui. Ce livre tente d’expliquer ce phĂ©nomĂšne. Vous allez rire face au culot des entrepreneurs israĂ©liens, rĂ©flĂ©chir face Ă  leur culture antihiĂ©rachirque et apprendre tout au long comment ils rĂ©ussissent Ă  se faire reconnaĂźtre sur la scĂšne internationale malgrĂ© les conditions sociopolitiques qui jouent contre eux.


DĂ©couverte de la semaine :

+ L’universitĂ© virtuelle de CĂŽte d’Ivoire  (UVCI)—  Plus tĂŽt cette semaine les internautes ivoiriens s’indignaient face Ă  un communiquĂ© du ministĂšre de l’Éducation. En effet, dĂ©sormais selon les nouvelles modalitĂ©s de passage en classe supĂ©rieure au primaire CP1, CE1 et CM1 et au secondaire, les Ă©lĂšves passent automatiquement en classe supĂ©rieure. Et en ce qui concerne les classes de CP2 et CE2, l’élĂšve passe en classe supĂ©rieure si sa moyenne gĂ©nĂ©rale annuelle est supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  8/20. En traduction, les Ă©lĂšves n’ayant pas acquis les connaissances sont quand mĂȘme rĂ©compensĂ©s et accumuleront leurs lacunes classes aprĂšs classe. Autre traduction, notre systĂšme Ă©ducatif encourage la mĂ©diocritĂ©.

Dans les Ă©conomies actuelles fondĂ©es sur la connaissance, l’accĂšs Ă  une Ă©ducation de qualitĂ© et les chances de dĂ©veloppement sont les deux faces d’une mĂȘme piĂšce. Je ne suis pas enseignante, mais j’aime Ă  croire que je suis une personne relativement pragmatique. Je suis consciente qu’il est difficile de changer un systĂšme Ă©ducatif, surtout Ă  cause des coĂ»ts financiers et structurels mais les populations ivoiriennes et africaines en gĂ©nĂ©ral manque de compĂ©tences techniques. Je pense que les MOOCs sont une stratĂ©gie intĂ©ressante pour combler ces lacunes. J’Ă©tais donc agrĂ©ablement surprise lorsqu’il y a quelques jours j’ai dĂ©couvert l’universitĂ© virtuelle de CĂŽte d’Ivoire, une initiative mise en Ɠuvre par le MinistĂšre de l’Enseignement supĂ©rieur et de la Recherche scientifique qui vise au dĂ©veloppement du numĂ©rique Ă©ducatif.  L’UVCI propose une licence informatique & science du numĂ©rique avec 6 spĂ©cialitĂ©s et d’aprĂšs leur site web, recense 6261 Ă©tudiants.

Je n’ai pas pu trouver beaucoup d’informations sur le programme en lui-mĂȘme et ces coĂ»ts. Quels sont les frais de la licence ? Et combien de projets pratiques les Ă©tudiants doivent-ils remplir durant leurs parcours ?

En ce qui concerne les frais de scolaritĂ©, un modĂšle que je trouve personnellement intĂ©ressant est celui de la Lambda School qui forme les gens Ă  devenir des ingĂ©nieurs logiciels sans coĂ»t initial. Au lieu de payer les frais de scolaritĂ©, les Ă©tudiants peuvent accepter de payer un pourcentage de leur revenu aprĂšs leur emploi, et seulement s’ils gagnent plus de 50 000 dollars par an. Si vous ne trouvez pas d’emploi ou n’atteignez pas ce niveau de revenu, vous ne paierez jamais un centime. Et pour ce qui est de s’assurer de la qualitĂ© du MOOC et de l’employabilitĂ© des diplĂŽmĂ©s ont peut difficilement faire mieux que nos confrĂšres nigĂ©rians de chez Andela qui forme des ingĂ©nieurs logiciels qui s’entraĂźnent pendant trois mois Ă  rĂ©soudre des cas rĂ©els en entreprises sur quatre fuseaux horaires diffĂ©rents. 

Quoiqu’il en soit l’UVCI est une belle initiative qui demande Ă  ĂȘtre suivie de prĂšs avant de porter un jugement.


4 articles pour ce week-end :

1. The problem with simply growing more tech hubs in Africa— “We need to find a solution to the private sector getting involved in R&D to fuel innovation that then creates trust in startup companies for local funds to invest in them and create local wealth.”

2. South Africa, the most robust and developed Tech Hub on the continent — “South Africa has the most mature startup ecosystem in Africa, with a small but established venture capital industry, government investing in innovation for the past two decades, the oldest incubator in Africa (the Bandwidth Barn operated by the Cape Innovation and Technology Initiative (CITI) since 2000), and a growing pool of entrepreneurs and success stories.”

3. Purchasing Patterns in the Informal Economy — “When cash flow is irregular and not always unpredictable, both in amount and frequency, such as it is for the majority earning a living in the informal economy, buyer behavior is not quite the same as for mainstream consumers with access to credit cards and regular paychecks.”

4. Why Africa may be the secret to advancing human potential — “The Internet is the global equalizer. It has fundamentally changed how knowledge is shared and opportunities are accessed. With a connected device and a desire to learn, anyone can tap into the knowledge, experience and insights from the world’s greatest minds and communities, irrespective of where they are.”

Une citation Ă  laquelle je pense — “Rendez le bien pour le bien et la justice pour le mal” — Confucius 

 


Crédits :

Farnam Street pour l’inspiration.

Merci Ă  MykaĂŻl et Thierri pour m’avoir relu.

Photo de couverture by Goran Ivos on Unsplash