L’entreprise Allemande à l’origine de Jumia

En avril 2018, Jason Njoku, fondateur de Iroko.tv publiait un article sur médium, dans lequel il soulevait, avec beaucoup d’humour, ces interrogations concernant Jumia;

Jumia has raised $767m from some notable investors including MTN, Millicom, CDC and Axa. They are burning this money and showing modest growth [and has lost $148m in 2017] . As a Nigerian I think this one has entered a spiritual realm. I have been suspecting this of this Oliver fella [Jumia CEO] for some time now. Walk with me. He makes crazy announcements ‘Jumia is a proven winner’, ‘IPO this year, ‘113% y-o-y growth’ etc. etc. Think about it. Who else in Nigeria talks like that? Nigerian billionaire business men. Always making pay dirt whilst their company is burning or distressed. Oliver and Jumia is out-Nigeria-ing us local Nigerians.

In summary Oliver and Jumia, are either using Jazz or washing money?

I literally don’t understand nor have a scientific explanation on how they are getting that boat-load of money in Africa. FYI — I don’t believe they are washing money. So they must be entering forest.

J’ignore ce que ce dénommé Oliver fait de son temps libre, mais une chose est sûre, il est inutile de chercher à comparer des startups fondées en Afrique, par des locaux, à Jumia pour la simple est bonne raison qu’il ne s’agit pas du même championnat.

Lorsqu’il y a quelques semaines le magazine Forbes a nommé Kylie Jenner “youngest self-made billionaire” de l’année, on était à peu près tous d’accord pour dire que le titre ne tenait pas la route. Loin de moi l’idée de lui retirer ses droits, tout hustle mérite un certain respect, mais dans cette même liste se retrouvait Oprah Winfrey.

Dans notre cas, Jumia est Kylie Jenner.

Mais commençons par le début, les ressemblances entre ces deux entités vont plus loin.

Comme Mademoiselle Jenner, Jumia a été incubé au sein d’une famille riche, prospère et très maligne à savoir Rocket Internet.

Rocket Internet est l’un de mes accélérateurs préféré au monde. Ce qu’ils font retourne du génie. Simple, efficace, et discret.

Fondée en 2007 par trois frères allemands, Marc, Oliver et Alexander Samwer (toujours une histoire de famille, remarquez-le),  Rocket Internet est une société qui  incube et investit dans des entreprises issues d’Internet ayant des modèles d’affaires éprouvés. De manière plus pratique, cela signifie que ces jeunes hommes copient les modèles d’affaires d’entreprises américaines/européennes. Ils les intègrent dans un nouveau marché. Grâce à leurs réseaux et leurs expériences, ils investissent de très importantes sommes d’argent afin de faire proliférer leur business. Et une fois que la compagnie est bien établie, ce qui leur prend entre 4 à 9 ans, ces gentlemen revendent leurs parts au plus offrant.

Oliver+Samwer+Rocket+Internet+Launches+IPO+9DfAetDJMUyl
Tels des mousquetaires rentrant du combat, les frères Samwer se tiennent ici à la bourse allemande après l’une de leurs nombreuses IPO.

Tout comme Kylie Jenner, les frères Samwer n’ont pas peur d’utiliser les idées d’autrui tant que cela leur permet d’atteindre leur but : faire de l’argent.

Tout a commencé en 1999, lorsque les frères décident de répliquer le modèle d’affaire d’eBay en Allemagne et renomment la compagnie Alando. 100 jours après le lancement de la compagnie, ils la revendent à 43 millions de dollars US à eBay. Fort de leurs réussites ils retentent alors l’expérience avec Zalando, une copie de Zappos. En 2014, Zalando est évalué à 5.3billion d’euro. Entre temps, en 2010, Rocket Internet a lancé CityDeal, un clone de Groupon, une startup américaine.CityDeal s’est développé si rapidement en Europe que Groupon a fini par l’acheter seulement cinq mois après son lancement. Le deal exact n’a pas été partagé, mais selon plusieurs sources, on peut supposer que le montant se situe aux environs de 150 millions de dollars.

Depuis cela, Rocket Internet a aidé à lancer 70 entreprises, dont Jumia.

Et en ce qui concerne Jumia, voilà ce qui s’est passé. Rocket Internet a :

1. Engagé un CEO, CFO et COO.

Le CEO construit l’équipe, fait le marketing et stimule les ventes. Le CFO gère la croissance des revenus et la consommation de trésorerie. Le COO s’assure qu’ils aient un entrepôt assez grand et que les colis sont livrés.

Lorsque l’on demanda à l’un des frères Samwer quels sont les critères qu’ils utilisent afin de choisir leurs exécutifs, il répondit ainsi:

Ollie Samwer asked himself where he could find the most insecure and biggest overachievers. He knew that type came from Goldman and other consultant firms, and that they had the pedigree that made it easier for him to raise money – every investor respected these employees because they had the same background.

Dans le cas de Jumia, il s’agit de Jeremy Hodara (ex McKinsey), Sacha Poignonnec (ex-McKinsey) et Jérémy Doutté (également ex-McKinsey).

** le nom des founders varie d’une source à l’autre. Sur la page wikipédia de Jumia, les noms annotés sont ceux des managers de Jumia Nigeria, des Nigérians. Est-ce afin de donner l’impression que c’est une compagnie montée par des Nigérians ou une simple erreur de compréhension ?

2. Choisit quel startup cloner.

Ici, leur objectif était évidemment de créer un site d’e-commerce en Afrique. Leur déploiement dans plus d’une dizaine de pays montre bien leurs intentions de créer un commerce panafricain.

When we looked at the African market a few years back, we realized that there are no big online players. We saw a big opportunity: the reason Africa is not more developed is not due to a lack of demand, but to a lack of supply. – Jeremy H., Co-CEO

3. Effectué une rapide expansion et dépassé la concurrence.

Leur expansion s’effectue à deux niveaux :

  1. Se développer de manière géographique : ils ont commencé en 2012 au Maroc, en Égypte et au Nigeria, en 2014 ils se sont étendus au Kenya et en Côte d’Ivoire, et en 2018 on les retrouve dans près de 23 pays africains.
  2. Créer une plus grande offre de produits, ou abaisser les prix pour détruire la concurrence. Pour pouvoir baisser les prix il faut avoir les poches larges, et comme disait Jason Njoku plus haut, Jumias has boat-load of money.

 

Nous pouvons rajouter à ces trois points le fait que grâce à leur expérience, Rocket Internet arrive à déterminer les aspects sur lesquels leurs compagnies doivent se concentrer. De plus, dans une interview les frères Samwer ont également reconnu qu’ils dépensent en moyenne 5 ou 6 millions de dollars en deux ou trois mois pour faire démarrer le projet, puis par la suite 20 millions de dollars par mois pendant quatre ou cinq mois. En moins d’un an on parle de près de 26 millions de dollars dépensés.

Vous comprenez bien que boooon, il s’agit d’une ligue tout à fait différente.

Plus sérieusement, je considère qu’il y a beaucoup à apprendre des frères Samwer. Tout entrepreneur ayant de l’expérience sait qu’une idée en soi ne vaut pas grand-chose si elle n’est pas adéquatement exécutée. Le plus important dans nos contrées, à mon avis, est de cesser d’essayer de réinventer la roue et davantage d’executer avec nos moyens.

Je vous conseille vivement de passer à travers les liens recommandés que je vous présente plus bas. Je les ai classés par ordre d’importances, certains d’entre eux expliquent en détail le processus de clonage de Rocket Internet. Cela donne matière à réflexion.

Si je devais résumer le Kage Bunshin no Jutsu de Rocket Internet en quelques points, se serait les suivants :

  1. Engager/Travailler avec des personnes hautement qualifiées ayant un historique de succès. Un historique de succès ne signifie pas forcément que cette personne à travailler à Google ou chez Goldman Sach. Ce que vous recherchez ce sont des green flags,  une personne ayant occupé des postes de leaderships (ex.: président d’une association), d’excellents résultats scolaires, des projets effectués sur le long terme (preuve de persistance) etc. etc.
  2. Choisir un marché avec une haute barrière d’entrée. Ce point est à mon sens possible que dans deux cas; si vous avez un produit hautement supérieur à ce qui existe ou si vous avez beaucoup d’argent à dépenser pour distancer vos concurrents. Le produit dans ce cas se doit d’être très avancé d’un point de vue technologique et protégeable soit par un brevet soit par secret industriel. Avoir un produit avec un design particulier par exemple n’est pas un avantage concurrentiel.
  3. Exécuter rapidement. Un point qui m’a marqué dans l’un des articles que j’ai lus est que chaque semaine les CEO devaient appeler Ollie Samwer et lui faire un récapitulatif de leurs croissances. Dès le début du projet, des KPIs étaient choisis. Je compte écrire un article sur le thème des KPIs mais pour vous donner un exemple, un KPIs pour Jumia peut être le nombre de commandes passé à travers le site web.

Et vous, quels sont les points qui vous ont marqués ?

Ah oui, et pour répondre à la question de Jason N., Ollie Samwer dans une entrevue a dit, je cite : “The only point of our companies was to make lots of revenue, raise lots of money, and sell it or go public. More revenue growth meant we could raise more money and eventually sell the company. It’s all about raising more money. Profit don’t matter.

Comme on dit, à chacun ces problèmes.

source


Lectures recommandées :

  1. Inside the Clone factory :  “In an industry that celebrates innovation, the Samwers are not originators, but they are extremely effective in their chosen field: they see concepts that are working in the US or Asia and replicate the approach for new markets with high barriers of entry.”
  2. Oliver Samwer : “Ollie once wrote an email that said “I will die to win and I expect the same from you”
  3. The insanely successful career of Rocket Internet co-founder Oliver Samwer : “Rocket Internet is one of the most successful startup builders in the world. Oliver Samwer is seen as the driving force behind Rocket”
  4. How Jumia Is Adapting E-Retail To Africa : “In Africa, organized retail will never be as strong as in the US – there won’t be a Zara or Gap GPS -3.18% on every corner. So it stands to reason that the potential share of online retail can be significantly higher in Africa. “

Merci à Cassandra et Mikaïl pour avoir relu mon brouillon.

Photo de couverture by chuttersnap on Unsplash.

Ça prend tout un village pour créer une start-up

En 2009, Stéphane, un de nos grands-frères du quartier, a eu son bac avec mention très bien. Ces parents, terriblement fiers, ont organisé une fête pour tout le quartier afin de célébrer la réussite de leur fils. Je m’en souviens bien, car à 18h30 alors que la fête devenait intéressante, mon petit frère est venu me chercher pour me rappeler qu’il était l’heure de rentrer à la maison.

Stéphane était un jeune homme apprécié de tous, car, bien que très studieux, il savait rassembler les élèves autour de lui et amuser la galerie. Ces parents, Mr et Mme Kouakou, étaient respecté et on était sur de toujours être bien accueilli chez eux. Sa mère faisait de délicieux gâteaux, et n’hésitait pas à prendre plusieurs minutes pour discuter avec nous et savoir si on avait besoin de quoi que ce soit.

La rentrée universitaire arrivant à toute vitesse, c’était à présent au tour de la communauté de rendre service à la famille Kouakou.

Voyez-vous, Stéphane depuis le plus jeune âge souhaitait devenir médecin. Il avait pour cela concentré ces efforts afin de devenir très bon dans les matières scientifiques. Il rêvait tant de cela, qu’il demandait sans cesse conseil à ces oncles et tantes travaillants dans le domaine de la santé. Son objectif était de pouvoir aller faire ces études à l’université Pierre-Marie Curie à Paris et revenir ouvrir une clinique à Abidjan. Malheureusement à cette époque,  ces parents avaient des difficultés financières et ne pouvaient pas payer ces frais universitaires.

Amis et membres de la famille, tous conscients du potentiel qu’était le jeune Kouakou, ont donc décidé de se rassembler et de lever une cagnotte commune pour qu’ils puissent poursuivre ces études en France. Évidemment, Stéphane aurait pu aller étudier à l’Université de Cocody par exemple, mais ces proches savaient combien il est important pour le développement d’un jeune de pouvoir être confronté à un environnement différent.

Ça a pris toute une communauté pour assurer le bon développement du jeune Kouakou, pour pouvoir développer un écosystème Tech, le principe est le même.

La semaine dernière, j’ai assisté à une présentation de JF Gauthier, CEO de la startup génome. Ce dernier nous a présenté les résultats de son analyse sur l’état des écosystèmes à travers le monde. En ce qui me concerne, à chaque fois que j’assiste à des évènements de ce genre je ne peux m’empêcher de prendre des notes et faire un rapprochement avec l’écosystème africain, en particulier ivoirien. Une fois rentré à la maison, j’ai donc passé ma soirée à lire le rapport en entier. Celui-ci fait près de 200 pages, mais les facteurs clés peuvent être résumés en trois points;

1. L’importance de la spécification

Tout comme le jeune Kouakou a très tôt décidé de se spécialiser en science, toute ville qui souhaite devenir un jour un hub d’excellence se doit de se concentrer dans un domaine précis.

Dans cette nouvelle ère de la technologie, une stratégie pour les petits écosystèmes pour se distinguer est de se concentrer sur des sous-secteurs spécifiques où ils ont des avantages préexistants, car seuls quelques écosystèmes peuvent être le meilleurs dans le monde entier, mais de nombreux petits écosystèmes ont le potentiel de devenir un hub d’excellence pour des sous-secteurs spécifiques.

Prenons  l’exemple de la ville de Francfort en Allemagne. Moins d’un million d’habitants et pourtant  Francfort est le centre financier de l’Union européenne. Elle est le siège de la Banque centrale européenne et emploie plus de 70 000 personnes dans les services financiers. Sur la base de ces atouts, l’écosystème se concentre sur la construction d’un hub en Fintech regroupé par le biais de programmes ciblés comme des accélérateurs, des initiatives de participation des entreprises et des espaces de coworking. L’accent mis par l’écosystème sur la Fintech est clair. Après seulement quelques années de cette stratégie, les résultats sont positifs. La plus grande sortie Fintech allemande de tous les temps a eu lieu à Francfort: la société de négoce de devises 360T a été acquise pour près de 800 millions de dollars par Deutsche Börse, qui gère le Francfort Bourse.

Si je reviens à la Côte d’Ivoire, selon vous lequel des 12 sous-secteurs présentés ci-dessous s’adapterait le plus à nos forces actuelles ? Et dans votre pays, et pourquoi ? Personnellement, je suggère l’Agtech. Excepté le fait que l’on soit les premiers producteurs au monde dans divers secteurs, Abidjan est le siège de la banque africaine de développement, et de nombreuses organisations internationales. Autant de facteurs qui peuvent faciliter cette spécification.

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Les sous-secteurs à haute croissance pour les cinq prochaines années – Génome, 2018

 

2. Construire une communauté unie

L’union fait la force est plus qu’un cliché. L’union fait véritablement la force.

L’un des aspects qui me marquent le plus dans la culture nord-américaine est la facilité avec laquelle les membres de l’écosystème Tech s’entraident entre eux. Il y a deux ans, je m’étais faufilé dans une rencontre privée que l’association étudiante de McGill organisait avec un important CEO canadien qui venait de réaliser une IPO, il s’agissait d’un ancien élève de leur université. Je me rappellerais toujours d’une anecdote qu’il avait partagée avec nous.

Il nous raconta comment le lendemain de son IPO, l’un de ces mentors l’avait appelé pour lui dire qu’il était temps de giveback à la communauté. Il avait un mois pour devenir à son tour mentor auprès d’au moins quatre start-ups montréalaises.

Cet esprit d’entraide est attendu de la part de tout le monde, que vous soyez en démarrage ou pas. Tout le monde est conscient que plus la ville a de success-stories, plus d’investisseurs viendront s’installer en ville. Et qui dit investisseur, dit cash flow et tout le monde est content.

Cet esprit d’entraide est possible grâce aux “gatekeeper“, les personnes clés de l’écosystème. Ils peuvent être des influenceurs, des membres d’incubateurs et accélérateurs, des organisations qui ont chaque semaine des soirées de réseautage permettant d’établir des relations d’affaires et amicales durables  etc. etc.  L’important  est de réussir à créer un esprit de communauté et cela est possible uniquement en créant des espaces de référence.

Par exemple, dans le cas du jeune Kouakoua l’esprit de communauté était entretenu par ces parents qui recevaient amis et familles chez eux. Lorsqu’à plusieurs reprises tu partages un repas avec une personne, et qu’en plus de cela vous partagez des centres d’intérêt commun, des liens se créent.

Je tiens par contre à mettre en garde tout esprit sectaire parce qu’on se connaît. Là, je m’adresse à mes compatriotes ivoiriens. Même si on évolue dans des cercles très fermés, il est important lorsqu’une nouvelle personne arrive à un événement de networking de la mettre en confiance. Toute personne a une part importante à apporter au groupe, on ne pourra pas réussir si ce sont toujours les mêmes 15 personnes que l’on retrouve au même évènement.

Invitez vos amis, vos camarades de classe, créez des groupes de discussion, sortez de votre zone de confort et accueillez les curieux.

3. Construire un marché global

Génome a identifié une forte corrélation entre le niveau de connectivité globale d’une ville et la performance de ces startups.

Imaginez une immense table ronde autour de laquelle des entrepreneurs de différents pays évoluant dans des industries proches partagent informations, idées, relations et ressources afin de pouvoir s’entraider mutuellement.

Les startups évoluant dans un écosystème lié à d’autres hubs ont une plus grande capacité à développer des modèles d’affaires à la pointe du progrès. Si elles se concentrent sur les clients mondiaux dès le début et atteignent la portée du marché mondial, elles ont la capacité de prendre un leadership et de voir leurs revenus croître deux fois plus vite que les autres. Ce sont des scaleups en devenir.

Dans le contexte africain, une compagnie à prendre en exemple sur ce point est assurément Kwésé, un service de streaming lancé par le meilleur-entrepreneur-africain-vivant, Monsieur Strive Masiyiwa (avis totalement biaisé, et non discutable).

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connectivité globale des centres de technologies à travers le monde – Génome

 

Il est vrai qu’il est difficile dès le début, en particulier pour une jeune start-up africaine,  de penser à s’internationaliser. Mais il est important de pouvoir trouver un modèle d’affaire scalable, car se limiter au marché de votre pays revient à restreindre votre évolution. L’objectif sur le long terme est de créer des entreprises de grande envergure, et non juste un produit et/ou service pour une population réduite. Il est important de se fixer des objectifs sur les 5, 10, 20 prochaines années afin de guider nos actions présentes, car, il n’est jamais trop tôt pour mettre en place un modèle facilement flexible pour être exporté.

Et tout comme les proches de Stéphane qui ont jugé sage de l’envoyer à l’étranger afin qu’ils puissent acquérir des connaissances différentes et les utiliser lors de son retour au pays, à défaut de pouvoir voyager, il est de votre devoir de vous tenir au courant sur ce qui se passe dans votre secteur d’actualité à travers le monde. Nous avons l’incroyable chance de vivre au temps d’internet, vous pouvez même nouer des relations avec des entrepreneurs que vous admirez qui vivent à l’autre bout du monde.

Ce long article aurait en réalité pu être réduit en quelques points. La création d’écosystèmes Tech robustes, importants pour la résolution des problèmes auxquels sont soumis nos populations et pour la création d’emplois, nécessite :

  • Le développement d’une expertise
  • La mise en place d’objectifs communs clairs et précis
  • Un esprit fort de communauté et d’entraide

Si d’autres l’ont fait, c’est que c’est possible. Mais cela ne sera pas facile.

 

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Merci à Cassandra pour avoir relu mon brouillon.

Photo de couverture by Benny Jackson on Unsplash.

Boite à outils #1

La technologie n’a jamais été aussi accessible à tous. Saviez-vous que de nos jours vous pouvez créer votre propre application sans savoir coder ?

Dans ce premier article de boîte à outils, je compte vous présenter trois outils qui vous permettront, avec un peu de patience et de discipline, de pouvoir créer vos premiers sites et applications mobiles en l’espace de quelques heures sans avoir aucune compétence en programmation.

1. Bubble 

Bubble permet de construire une application web entièrement fonctionnelle sans code.

Pour l’avoir déjà utilisé dans un projet, je peux vous assurer que si le site se dit intuitif il vous demandera un bon week-end pour vous y retrouver. Leur librairie présente des études de cas bien réalisées et je vous conseille fortement de les regarder avant de vous lancer, ça vous fera gagner du temps.

Têtue comme je suis, j’avais voulu me lancer directement, convaincue que je comprendrais comment ça marche de moi-même. J’ai bien du perdre 3-4h de mon existence avant de pouvoir réaliser ce que je voulais. Ce n’est qu’après  avoir décidé d’être raisonnable, que j’ai pris 2 heures à regarder les tutoriels. Ma vitesse d’exécution s’est directement améliorée.

Jetez un coup d’oeil au site web et vous ne risquez pas d’être déçu. Bubble vous permet de reproduire des applications comme AirBnb, tinder etc. relativement facilement.

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2. Launchaco 2.0

Launchaco est straight up l’une des meilleures applications gratuites que j’ai eues a utilisé pour créer une landing page. Sans plaisanter, vous pouvez vous retrouver en quelques minutes avec une landing page opérationnelle ayant un design professionnel pour présenter votre business.

Pour vous démontrer que je ne vous raconte pas ma vie, j’ai décidé de faire une démonstration pratique dans le cadre de cet article.

Étude de cas (on se met dans la peau de notre personnage) :

Je m’appelle Sarah, jeune africaine travaillant dans un service marketing de la place. Sarah sait bien cuisiner et voudrait gagner un peu d’argent sur le coté parce qu’à Abidjan si tu veux bien vivre c’est mieux tu vas avoir l’argent. Notre go Sarah décide donc d’ouvrir une petite boîte de service traiteur. On est pro ou on ne l’est pas. Elle se dit qu’elle doit avoir un portfolio de ces créations et un site web.

Comme je vous disais dans mon premier article, dans les débuts pas besoin d’être fancy. Avec Launchaco, j’ai crée une landing page pour le business de Sarah en exactement 13 minutes. Cela m’aurait pris moins de temps si je n’avais pas répondu à quelques messages entre temps.

Vous pouvez retrouver le site que je viens de créer pour le side hustle de notre go Sarah ici  [ https://lespatisseriesdesarah.launchaco.com/ ].

Raisons pour lesquelles Launchaco peut vous être utile :

  1. Il peut être opérationnel en l’espace de quelques minutes
  2. Toutes les informations dont vous avez besoin pour lancer votre commerce y sont. À savoir; ce que vous faites, vos contacts et une preuve de vos compétences.
  3. C’est gratuit et à un rendu professionnel. Quelle jeune personne qui se cherche n’aime pas la gratuité ?

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PS: Dans le cadre de cette expérimentation, j’ai utilisé un compte instagram random afin de démontrer mon étude de cas.

 

3. Wix 

Alors okay, Wix est assez bien connu et il n’est pas totalement gratuit, mais c’est une valeur sûre. Et lorsque ça marche pourquoi allez ailleurs ?

Wix, est d’un outil de création de site web. Les fonctionnalités sont plus poussées que Launchaco, car elles vous permettent d’avoir plusieurs pages, et mets à votre disposition plusieurs templates.

Wix est à mon avis facile à utiliser. Pas besoin de s’attarder à regarder des tutoriels, il vous suffit juste de jouer un peu autour. Par contre, cela vous prendra plusieurs heures pour obtenir un résultat professionnel si vous souhaitez personnaliser votre template.

J’avais monté un site web pour une conférence qu’organisait mon association étudiante, et j’ai dû passer plus de trois heures avant d’être plus ou moins satisfaite du résultat. Il arrive également parfois que le format web et mobile ne soit pas tout à fait conforme, donc vous devriez vérifier cela manuellement.

 

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wix.com

 


 

Voici donc les trois outils que je souhaitais vous présenter aujourd’hui. Si vous avez testé ces outils, ou avez des questions n’hésitez pas à m’écrire ça me fera plaisir de voir ce que vous avez réalisé !

Merci et à la prochaine,

Kiyani


Photo de couverture by NESA by Makers on Unsplash. 

Why you should participate to a start-up week-end

Cet article a été posté sur medium l’année dernière.

I had to write this post because I know how you can feel before attending your first startup competition. I (partially) failed my first competition despite all the TEDs, blogs and podcasts I listened to and read.

So as my team and I won the first prize today, I would like to tell you what I think made that experience a success.

But first, let’s put it all in context.

It’s been almost a year since I officially came across the Startup world. In the beginning, like all of us, I had an idea.

I talked about it with one of my friends, he was kind/crazy/smart (pick your word) enough to decide to work on it with me.

The problem was that we were two engineering students with no business skill and no experience at all.

But this did not stop us. We worked hard on it. When we heard about the HEC Startup weekend, it was our chance to validate our idea and recruit our potential future co-founder(s).

We were prepared to conquer them with our idea and not to mature it with them.

First mistake.

We did a market evaluation, a « business plan » (which was as good as our business skills). I was even rehearsing my elevator pitch whenever I was using my microwave. I felt ready.

I was not.

My idea did not even pass the first vote (when you participate in a start-up competition, the first night, everyone who got an idea has 1 min to pitch to the participants, then, people can vote for the idea they would like to work on ).

Did I fail because it was a bad idea? I really don’t think so. I personally blame my pitch, which was very unnatural and the stress.

Second mistake.

But anyways, I joined another person’s team. He wanted to validate his idea, and already had a friend with whom he worked on it but who was not there that day.

Long story short, we won the third place.

We won even though no one in our 4 persons group, had any business, tech or marketing skills.

But after we received our prizes, we never contacted each other again. I don’t even know if the other 2 are still working on their idea.

Looking back at it, I realize that even though it did not turn out the way I wished it would, this startup weekend was an incredible experience for me.

I was surrounded by people crazy enough to think that they could make a change in the world, and I witnessed the beautiful process in which an idea becomes a reality in just 3 days.

Honestly, it was one of the most exciting weekends of my life.

One year later, I decided to attend again a startup weekend, but this time just for fun. I went by myself, with no preparation. I just wanted to feel this vibrant energy one more time.

Back in the same room at HEC, I hung around, comfortably waiting to join a team when the host did a speech to encourage more people to present their ideas.

I was there to have fun with no particular expectations, so I told myself « you have nothing to lose, just go and present one of the multiple ideas you have ».

My pitch was very simple. I said my name, the name of my school, I described the problem I had and said that it would be cool if this solution existed so it would never happen again.

My idea was selected.

Better, I even had 3 cool guys who wanted to join me and work on it.

This weekend was even better than the first one, probably because the idea was more personal to me, but I don’t think that it was the only reason.

On the first day, my partners and I talked about the reason(s) we participated in the competition and we decided to write very clearly what were our goals for this weekend.

These goals are, in my opinion, the Secret of our success.

First, we wanted to learn.

When you come to a startup weekend, you are probably a future entrepreneur and you are trying to learn more about this field.

The most important thing is to learn. Don’t get sidetracked by the prizes and the competition.

You are locked in a room for 3 long days with mentors and coaches who have years of experience and are literally eager to help you improve your skills. And they are doing it for free, how cool is that?

They are really awesome people and they are the real prizes. Trust me. Make the most of their presence and experience.

Secondly, we wanted to have fun.

Networking is an important aspect for entrepreneurs. So, when you are at this kind of event, be curious, don’t stay with the same group.

It can be lonely when you have a passion (or just an interest in something ) and no one to talk to about it. So when you find them, don’t be shy.

During lunch, go talk to the others participants, ask them about their projects, show your interest, give and ask for feedback.

For our project, it stimulated us and allowed us to have a better understanding of our persona.

And finally… why not win.

Yes, after everything I just said, I am now telling you that winning was one of our goals. But what is winning after all?

We loved what we were doing and we were learning a lot from all the feedback we had from the mentors.

We listened to them and corrected our work according to what they told us. We worked seriously on it because we wanted to make sure that we really understood everything.

We were networking with everyone, having fun going back and forth between our peers.

It was so nice, that we were working 14 hours a day, sleeping less than 5 hours at night and we did not feel exhausted at all. Because it was fun.

The night before the last day, we felt like we had already won.

Having the first prize from the jury was the icing on the cake, “la cerise sur le gâteau”.

We’re all on this journey together. So when you go to an event like this, don’t forget to relax and enjoy the moment. You will always feel like the winner if you do so.

 

Entrepreneur ou Wantrepreneur

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Samedi 5 Mai 2018, il est 22h23 et alors que je m’apprête à aller me coucher je tombe sur cette photo.

Cela fait plus d’un an que je songe à ouvrir un blog Tech en français car je trouve qu’il existe un manque flagrant d’étude de cas, bien documentée, sur les startups africaines. C’est deux derniers mois en particulier, l’idée me trottait davantage à la tête. J’ai alors commencé à réfléchir à un nom de domaine, à rechercher la meilleure plateforme, le plus beau design, etc., etc. Je recherchais la perfection car je voulais que mon blog soit parfait et différent de ce qui existe déjà. Mais au final deux mois plus tard je me retrouve avec une poignée de préblog sur diverses plateformes, deux noms de domaines acheté sur namecheap et godaddy (parce que fidèle à moi-même j’ai voulu tester les deux), et pour finir une liste relativement longue de sujets que j’aimerais couvrir.

Bref, beaucoup de détails mais toujours pas de blog.

Donc, lorsque je suis tombée sur cette photo sur instagram j’ai eu l’impression qu’elle me visait personnellement.

Est-ce que l’Univers se moquait de moi ?

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Je ne pouvais pas aller me coucher avec cette sensation d’échec et de déception envers moi même.

En l’espace de 20 min, avant l’heure de mon coucher, j’ai écrit cet article sur un blog pas si original, avec un template encore moins original, sans nom de domaine personnalisé, juste pour me prouver que je ne suis pas qu’une personne pleine d’idée.

J’avais acheté un nom de domaine avec squarespace il y a un mois, la facturation annuelle était de 144 US$, soit 80 000 FCFA, 123 euros ou encore 189 CA$. Choisissez votre monnaie. Je suis étudiante, donc lorsque j’ai vu ce montant débité sur ma carte, j’ai commencé à me poser de sérieuses questions sur mon sens des priorités. Avais-je vraiment besoin d’une plateforme fancy ?

Si je veux avoir un blog, ce que je dois faire c’est écrire.

Je vais dorénavant me concentrer sur ce qui importe : le contenu.

Il est 22h54 soit 6 minutes avant mon couvre-feu, let’s wrap it up.

Je lis beaucoup de livres et d’articles Tech et business. J’ai besoin d’un endroit qui me permet de résumer ce que j’apprends, de partager mes idées et de trouver des personnes avec qui échanger sur ces sujets qui me passionnent et c’est ce que ce blog sera.

Pour le reste, on verra. Ça viendra.


Photo de couverture by Charles Deluvio 🇵🇭🇨🇦 on Unsplash.